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28/02/2016 05:47 EST | Actualisé 28/02/2017 00:12 EST

En Iran, les alliés du président Rohani prennent la tête aux législatives

Les alliés réformateurs et modérés du président iranien Hassan Rohani qui compte sur eux pour accélérer sa politique d'ouverture, ont pris la tête dimanche face aux conservateurs aux législatives, selon un décompte de l'AFP portant sur plus de la moitié des 290 circonscriptions.

Au Parlement, ils pourront compter sur 73 députés sur les 165 sièges pour lesquels les résultats sont connus mais non officiels.

Sur ces 73 sièges, les alliés de M. Rohani en ont remporté directement 60 et ils peuvent également compter sur les sièges remportés par 13 candidats indépendants qui leur sont proches.

A noter la bonne performance des réformateurs et modérés à Téhéran où ils raflent la totalité des 30 sièges mis en jeu.

Le président Rohani a affirmé dans un tweet que "les électeurs ont créé une nouvelle atmosphère".

Les résultats définitifs des législatives en Iran sont attendus lundi ou mardi.

Grâce à sa percée à Téhéran, le camp Rohani est assuré de disposer pour les quatre prochaines années de plus du double de ses 30 députés dans l'actuel Parlement, qui était dominé par les conservateurs avec 200 élus environ.

Religieux modéré, Hassan Rohani misait sur l'avancée majeure qu'a été l'accord nucléaire conclu en juillet avec les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien pour engranger un maximum de députés favorables à sa politique au Parlement et poursuivre dans cette voie.

La plupart des conservateurs les plus radicaux qui s'étaient opposés à cet accord historique ont été éliminés lors du scrutin.

Autre motif de satisfaction pour le président iranien: son élection et celle de son allié Akbar Hachemi Rafsandjani, ancien président de la République islamique, à l'Assemblée des experts après être arrivés en tête à Téhéran.

Cette chambre, composée de 88 religieux élus pour huit ans, est chargée de nommer le guide suprême iranien et pourrait être amenée à jouer un rôle déterminant durant son mandat puisque le guide actuel, Ali Khamenei, est âgé de 76 ans.

- Des conservateurs en difficulté -

Deux religieux conservateurs connus pour leur hostilité envers les réformateurs, les ayatollahs Mohammad Yazdi, actuel chef de l'Assemblée des experts, et Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, ne seraient pas en position d'être élus, selon des résultats partiels portant sur la presque totalité des bulletins dépouillés.

En revanche, l'ayatollah Ahmad Janati, chef du puissant Conseil des Gardiens de la constitution (conservateur), serait lui élu.

M. Rafsandajani a affirmé dans un tweet que "personne ne peut résister à la volonté de la majorité du peuple et ceux dont il ne veut pas doivent se retirer".

Les résultats définitifs pour l'Assemblée des experts devraient être annoncés dimanche.

La percée des pro-Rohani, si elle se confirme, est d'autant plus remarquable que la plupart des grandes figures du camp réformateur avaient été écartées de la course aux législatives par le Conseil des gardiens de la Constitution, qui a un droit de veto sur les candidatures.

- Au-delà des attentes -

Selon Ali Shakouri-Rad, un responsable réformateur, "ces résultats sont au-delà de nos attentes". Il a promis que son camp "fera preuve de retenue pour exprimer (sa) satisfaction".

A Téhéran, le chef de liste des conservateurs, Gholam-Ali Hadad-Adel, un ancien président du Parlement, n'arrive qu'en 31e position et serait battu.

En tête de liste des candidats certains d'être élus figurent Mohammad Reza Aref (réformateur) et Ali Motahari (modéré), avec respectivement près de 1,3 million et plus de 1,1 million de voix. Ces résultats portent sur le décompte de la quasi-totalité des bulletins à Téhéran.

Les réformateurs avaient inclus dans leur liste trois conservateurs modérés, dont M. Motahari, qui ont tous été élus.

La liste des réformateurs/modérés à Téhéran était menée par Mohammad Reza Aref, ancien candidat réformateur à la présidentielle de 2013, qui s'était retiré en faveur du candidat Rohani.

Dans le reste du pays, les réformateurs/modérés - unis au sein de la liste "Espoir" - et les conservateurs se partagent les voix avec des candidats indépendants qui ne figuraient sur aucune des deux listes principales, selon des résultats partiels.

Sur les 135 sièges de province dont les résultats sont connus, les conservateurs en gagnent 38 auxquels il faut ajouter 16 indépendants qui leur sont proches, soit un total de 54.

Un second tour devra être organisé en avril ou en mai dans au moins 31 circonscriptions. Les résultats des grandes villes de provinces, notamment Machhad (nord-est) et Ispahan (centre) où les conservateurs seraient en bonne voie de l'emporter, n'ont pas encore été annoncés officiellement.

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