DIVERTISSEMENT
26/02/2016 10:58 EST | Actualisé 26/02/2016 11:02 EST

Quoi voir au cinéma dès le 26 février 2016? (PHOTOS/VIDÉO)

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine Voyez les images

LA BELLE SAISON

France. 2015. 106 min.

Drame sentimental de Catherine Corsini avec Izia Higelin, Cécile de France, Noémie Lvovsky, Kevin Azaïs, Benjamin Bellecour, Jean-Henri Compère.

En 1971 à Paris, Delphine, une fille d'agriculteur, s'éprend de Carole, professeure d'espagnol engagée dans le mouvement féministe. Celle-ci tombe à son tour follement amoureuse de la jeune provinciale et rompt avec son conjoint, militant gauchiste, pour vivre avec elle. Mais peu après, Delphine apprend que son père a été terrassé par une attaque cérébrale. Contrainte de reprendre la ferme familiale, elle quitte Paris, laissant Carole derrière elle. Tenant à distance un ami d'enfance qui aimerait bien l'épouser, la paysanne se languit de son amoureuse. Quelques semaines plus tard, n'y tenant plus, elle l'invite à la ferme, en la faisant passer pour une collègue de travail. Car sa mère, très conservatrice, ne sait rien de son orientation sexuelle.

Défendue par deux actrices fortes et investies, cette touchante histoire d'amour au temps du mouvement de libération des femmes porte bien la marque de sa réalisatrice, rompue aux univers féminins (LA NOUVELLE ÈVE, LA RÉPÉTITION). D'un érotisme jamais vulgaire mais un brin complaisant, la mise en scène se fait vive en ville, lumineuse et placide à la campagne.

CHASSE-GALERIE - LA LÉGENDE

Canada. 2015. 109 min.

Drame fantastique de Jean-Philippe Duval avec Francis Ducharme, Caroline Dhavernas, Vincent-Guillaume Otis, François Papineau, Fabien Cloutier, Emmanuel Schwartz, Samian , Hubert Proulx.

Lavaltrie, fin du XIXe siècle. Joe Farrel et Liza Gilbert s'aiment en secret. Du moins le croient-ils. En effet, la liaison du jeune agriculteur et de la mercière est venue aux oreilles du notaire Vincent, à qui Liza a refusé sa main trois ans plus tôt. Créancier de Joe, celui-ci fait incendier sa récolte afin de le forcer à accepter un emploi de contremaître pour l'hiver, sur un chantier reculé de l'Outaouais. Les amoureux promettent de s'écrire, mais Vincent intercepte leurs lettres, tout en faisant une cour soutenue mais discrète à Liza. Sans nouvelles de Joe, dont le chantier semble frappé par la malchance, cette dernière sombre dans le désespoir, ignorant qu'elle est la victime d'une malédiction jetée sur elle, le soir de sa naissance, par un certain Jack Murphy, qui n'est autre que le Diable. Vingt-cinq ans plus tôt, la veille de Noël, huit bûcherons pris dans la tempête, loin de chez eux, avaient signé un pacte avec Murphy afin de pouvoir rejoindre leurs familles à bord d'un canot d'écorce volant. Ayant rompu le pacte, le père de Liza avait, sans le vouloir, damné sa fille.

Le réalisateur de DÉDÉ À TRAVERS LES BRUMES s'est réapproprié la fameuse légende de la chasse-galerie, couchée sur papier en 1900 par Honoré Beaugrand. Résultat: une oeuvre au charme poétique discret, d'une écriture parfois maladroite cependant. Tirant le meilleur avantage de moyens modestes, Jean-Philippe Duval donne de l'ampleur et du mouvement à l'affaire.

LES DIEUX D'ÉGYPTE

États-Unis. 2016. 100 min.

Drame fantastique de Alex Proyas avec Gerard Butler, Nikolaj Coster-Waldau, Brenton Thwaites, Courtney Eaton, Chadwick Boseman, Rufus Sewell, Élodie Yung, Abbey Lee, Bryan Brown, Geoffrey Rush.

Le jour où le dieu Osiris cède la couronne d'Égypte à son fils Horus, dieu de l'air, il suscite la colère de son frère Seth, dieu du désert. Après avoir tué Osiris, Seth provoque Horus en duel. À l'issue du combat, il lui arrache les yeux, subtilisant du coup une partie de ses pouvoirs. À cette époque lointaine où les dieux vivent parmi les mortels, Seth impose un règne cruel aux Égyptiens. Ainsi, la jeune Zaya devient l'esclave d'Urshu, l'architecte du nouveau souverain. Un jour, elle révèle à son amoureux, le voleur à la petite semaine Bek, l'endroit où Seth a caché les yeux d'Horus. Après avoir appris que Bek a réussi à s'emparer de l'un d'eux, le monarque somme Urshu de l'assassiner. Or, c'est Zaya qui est tuée. Horus passe alors un marché avec le voleur: en échange de son autre oeil, il ramènera sa compagne à la vie. Par ailleurs, dans le but de retrouver ses autres pouvoirs, Horus se rend auprès de son grand-père, le tout-puissant dieu-soleil Ra.

Simpliste, tape-à-l'oeil et kitsch par moment, ce récit de vengeance très librement inspiré de la mythologie égyptienne hésite entre récit d'aventures, péplum et film de superhéros. Certes, la production n'a pas lésiné sur les effets spéciaux spectaculaires. Mais, aux prises avec des dialogues frisant le ridicule, les vedettes en mal d'inspiration cabotinent.

EDDIE L'AIGLE

Grande-Bretagne. 2016. 106 min.

Drame sportif de Dexter Fletcher avec Taron Egerton, Hugh Jackman, Jo Hartley, Keith Allen, Tom Costello, Jack Costello, Tim McInnerny, Iris Berben, Jim Broadbent, Christopher Walken.

À la fin des années 1970, au nord de Londres, le petit Michael Edwards, animé par une conviction naïve, se convainc qu'il participera un jour aux Jeux olympiques. Discrètement encouragé par sa mère, son père plâtrier ne croyant guère à ses lubies, le garçon porte son choix sur le ski. Or, malgré des résultats honorables, il est rejeté en 1987 par le comité anglais de sélection en vue des jeux de Calgary, son physique peu athlétique, sa vision déficiente et son attitude candide jouant contre lui. Il se tourne alors vers le saut à ski, l'Angleterre n'ayant aucune équipe dans cette discipline. Reste que Michael, qui n'a jamais sauté, doit d'abord exécuter un bond d'au moins 61 mètres dans une compétition internationale, avant de pouvoir s'inscrire aux Jeux. En Allemagne, où il est venu s'entraîner, le jeune homme attire l'attention de Bronson Peary, ex-champion américain devenu ivrogne et cynique après avoir saboté sa carrière. Grâce aux conseils et aux méthodes d'entraînement peu orthodoxes de ce dernier, Michael se qualifie pour les Jeux de Calgary, où il devient la coqueluche du public sous le nom d'Eddy l'aigle.

Abstraction faite des libertés prises avec les faits historiques (notamment par l'invention du personnage de l'entraîneur), cette évocation du parcours atypique et inspirant de Michael "Eddie" Edwards séduit par son entrain contagieux, son humour rafraîchissant et sa réalisation dynamique. Hugh Jackman est savoureux, face à un Taron Egerton étonnant.

L'INVASION AMÉRICAINE

États-Unis. 2015. 110 min.

Documentaire de Michael Moore.

À la suite d'une rencontre fictive au Pentagone avec les dirigeants de l'armée, de la US Air Force, de la Navy et des Marines, Michael Moore accepte de leur venir en aide. En effet, toutes les guerres initiées par les États-Unis se sont soldées par un échec. Le cinéaste décide donc d'aller envahir plusieurs pays, dans le but de leur voler leurs meilleures idées d'organisation et de fonctionnement civils. Premier arrêt: l'Italie, de laquelle il rapporte l'idée des huit semaines de congés payés. Ensuite viennent la France, qu'il envie pour sa gestion des cantines scolaires et ses cours d'éducation sexuelle; la Finlande, pour son système d'éducation; la Slovénie, pour ses universités gratuites; l'Allemagne, pour sa façon de reconnaître les erreurs du passé; le Portugal, pour sa décriminalisation de l'usage des drogues; la Norvège, pour l'humanité de son système carcéral; la Tunisie, pour la capacité de rébellion de sa population; enfin l'Islande, pour la place et le rôle réservés aux femmes.

S'il se met toujours en scène, telle une Jeanne d'Arc sans peur et sans reproche, Michael Moore paraît ici plus plaintif et moins incisif qu'à l'habitude. Malgré son sens du montage toujours amusant, sa vision du monde se fait de plus en plus manichéenne et simpliste. Plus démagogue que pédagogue, il ose aussi certains raccourcis idéologiques gênants.

ONE FLOOR BELOW

Roumanie. 2015. 93 min.

Drame de Radu Muntean avec Ionut Bora, Liviu Cheloiu, Teodor Corban, Constantin Dita, Constantin Draganescu, Ioana Flora.

Un père de famille est témoin d'une dispute violente entre son voisin du premier étage et sa voisine du deuxième. Quand la police lui apprend la mort de cette dernière, il ne souffle mot de l'affaire, par crainte de perturber sa petite vie tranquille.

PHANTOM BOY

France. 2015. 84 min.

Film d'animation de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol.

Léo, 11 ans, passe ses journées cloué à son lit, dans un hôpital new-yorkais. Mais l'enfant malade possède aussi une faculté extraordinaire: celle de se dédoubler puis, sous une forme translucide, survoler la ville et franchir les obstacles, pendant que son corps physique semble rester endormi. Chemin faisant, le garçon croise Alex, un détective roublard et déterminé, qui se déplace en fauteuil roulant depuis qu'il a été victime de "l'Homme au visage cassé", un dangereux criminel qui projette de prendre le contrôle de New York au moyen d'un virus informatique. Pour contrecarrer cette sinistre machination, Léo, alias "Phantom Boy", s'associe à Alex, par l'entremise de la journaliste Mary Delauney.

Avec ce film d'animation à mi-chemin entre BATMAN et LES AILES DU DÉSIR, les auteurs d'UNE VIE DE CHAT mélangent sensibilité européenne et mythologie américaine, au fil d'un polar poétique et fantastique charmant, quoiqu'un peu naïf. Le graphisme élégant, aux formes atypiques, séduit l'oeil, et la distribution vocale s'avère très relevée.

RAMS

Islande. 2015. 93 min.

Drame de Grimur Hakonarson avec Sigurdur Sigurjónsson, Theodor Juliusson, Charlotte Boving, Jon Benonysson, Gunnar Jonsson.

Kiddi, alcoolique au tempérament sévère, et Gummi, homme tendre et attentionné, vivent dans une vallée islandaise reculée. Comme tous les habitants du coin, les deux frères élèvent des moutons. Mais bien que voisins, ces célibataires endurcis ne se parlent plus depuis 40 ans. Lors d'un concours du meilleur bélier, la bête de Kiddi l'emporte, celle de Gummi arrivant en seconde place. Or, après l'avoir examiné en secret, ce dernier constate que le bélier gagnant présente des symptômes de la tremblante du mouton. Les autorités vétérinaires confirment le terrible diagnostic. Compte tenu du haut taux de contagion de cette maladie, tous les troupeaux de la vallée doivent être abattus. Kiddi réagit avec colère. Gummi, bien qu'inquiet, accueille la nouvelle avec plus de calme. Mettant leurs différends de côté, les deux frères unissent leurs efforts pour sauver leurs bêtes.

Grand prix de la section Un certain Regard à Cannes l'an dernier, RAMS est porté par une mise en scène naturaliste précise et dynamique. Sensible et simple, le récit se transforme en allégorie shakespearienne sur la solitude et l'adversité comme moteur de réconciliation. Tantôt cocasse, tantôt émouvant, le film profite de prestations rigoureuses et habitées.

STANDOFF

États-Unis. 2016. 96 min.

Thriller de Adam Alleca avec Thomas Jane, Laurence Fishburne, Ella Ballentine, Jim Watson, Joanna Douglas, John Tench.

Hanté par ses démons, un ex-soldat trouve le chemin de la rédemption en se faisant le protecteur d'une orpheline de 12 ans, pourchassée par un tueur professionnel qu'elle a pris en photo au moment où il exécutait une victime.

TRIPLE 9

États-Unis. 2015. 116 min.

Drame policier de John Hillcoat avec Casey Affleck, Chiwetel Ejiofor, Anthony Mackie, Kate Winslet, Woody Harrelson, Aaron Paul, Clifton Collins Jr., Norman Reedus, Teresa Palmer.

À Atlanta, une bande de braqueurs d'élite, composée d'ex-militaires et de flics corrompus, attire l'attention de la police lorsqu'un vol de banque commandité par la mafia russe tourne mal. Les choses se compliquent quand celle-ci refuse de payer pour le travail accompli, menaçant même de dénoncer le gang aux autorités, s'il ne commet pas un second vol, encore plus risqué et dangereux que le premier. Pour le réussir, les cambrioleurs décident d'organiser simultanément le meurtre gratuit d'un flic en service (désigné comme un "triple 9" dans le jargon policier), afin de créer une diversion suffisamment importante pour mener à bien leur coup.

Ce film noir aussi soigné que violent offre une suite de variations astucieuses mais nihilistes sur les séries B d'autrefois. Porté par des acteurs tirant le maximum de personnages unidimensionnels, et par une réalisation nerveuse et musclée, ce polar supérieur à la moyenne satisfera les amateurs, sans toutefois transcender le genre.

UN JOUR COMME UN AUTRE

Espagne. 2015. 106 min.

Comédie dramatique de Fernando Leon de Aranoa avec Benicio Del Toro, Tim Robbins, Mélanie Thierry, Olga Kurylenko, Fedja Stukan, Eldar Residovic, Sergi Lopez.

Balkans, 1995. Mambru, travailleur humanitaire souhaitant retourner à Porto Rico, et Damir, son interprète, s'affairent à extraire d'un puits un cadavre en état de putréfaction, qui contamine la source d'eau potable d'un petit village. La corde ayant cédé, Mambru appelle en renfort B, un confrère américain désabusé. Celui-ci arrive avec Sophie, recrue française idéaliste, au terme d'un périlleux trajet sur des routes potentiellement minées. Dépourvus d'outils et de main d'oeuvre, les quatre travailleurs se rendent au quartier général de l'ONU pour y réclamer de l'aide. En vain. Par chance, Mambru et Sophie croisent Nikola, un gamin qui s'est fait voler son ballon. En échange d'une corde, le Portoricain emmène le garçon dans sa demeure abandonnée, où il conserve un autre ballon. C'est alors que se joint au groupe Katya, une ex-collègue de Mambru, avec lequel elle partage un passé houleux.

Portée par une distribution éclatante, où brillent Benicio Del Toro et Tim Robbins, cette adaptation d'un roman de Paula Farias mélange habilement drame de guerre, road movie et comédie noire. En revanche, la réalisation un peu molle plombe le rythme de ce récit qui souligne, non sans cynisme, les limites du travail humanitaire.