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25/02/2016 03:27 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Un rapport de l'ONU dénonce décapitations et torture en Libye

GENÈVE, Suisse — Un rapport compilé par les Nations unies documente des milliers de cas de décapitations, de détentions arbitraires et de torture en Libye, où l'impunité ne cesse d'augmenter depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi il y a près de cinq ans.

Des détenus auraient ainsi été électrocutés, battus avec des gourdins ou fouettés avec des cables.

Dans un rapport de 95 pages publié jeudi, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme dit avoir raison de croire que toutes les factions libyennes ont contrevenu au droit humanitaire. La Libye est divisés entre des groupes tribaux, une filiale du groupe armé État islamique, un gouvernement reconnu par la communauté internationale dans la ville de Tobruk et un gouvernement appuyé par les milices islamistes à Tripoli.

Le commissaire onusien Zeid Raad al-Hussein a dit que plusieurs gestes correspondent à des crimes de guerre et il a profité de l'occasion pour demander au Conseil de sécurité d'augmenter sa surveillance et ses appuis à la Libye.

Les enquêteurs ont entendu quelque 250 témoins et victimes, en plus de recevoir près d'un millier de plaintes. Ces entrevues ont toutefois été réalisées à l'étranger ou à distance, puisque les enquêteurs n'ont pu se rendre en Libye qu'à une seule reprise en raison des problèmes de sécurité.

Le document évoque des meurtres, des tentatives de meurtre, des enlèvements et la détention arbitraire de journalistes, de juges et de militants. Il ajoute que les menaces, les assauts et le harcèlement dont sont victimes les femmes semble destinés à les réduire au silence en public.

Le rapport mentionne des exécutions publiques, l'exposition publique de cadavres et des attentats suicides — dont un qui aurait été perpétré avec un enfant.

«Le recours à la torture est répandu, surtout dans les prisons, et on fait état de râclées avec des tuyaux de plastique ou des cables électriques, de suspensions prolongées dans des positions de stress, d'isolements, d'électrocutions, de détenus privés d'eau et de nourriture, de menaces de nature sexuelle et d'extorsion», peut-on lire dans le document.

Des décès suite à la torture sont rapportés en plusieurs endroits, notamment dans des centres de la police militaire ou des services du renseignement, ajoute le rapport.

L'ONU n'a pas voulu dire combien de noms se retrouvent sur une liste secrète qui pourrait être remise aux procureurs de la Cour pénale internationale.

Par ailleurs, une milice libyenne loyale au gouvernement islamiste rapporte l'arrestation du chef du groupe armé État islamique dans la ville de Sabratha. Des dizaines de djihadistes auraient aussi été tués lors d'affrontements. Les militants du groupe État islamique avaient envahi le quartier général des forces de l'ordre de Sabratha, mercredi, et décapité 12 miliciens. La ville a aussi été récemment pilonnée par des frappes aériennes américaines.