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25/02/2016 07:09 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Syrie: échec du premier largage aérien d'aide humanitaire (ONU)

L'ONU a reconnu jeudi que le premier largage aérien d'aide humanitaire sur la ville de Deir Ezzor dans l'est de l'Syrie avait été un échec mais s'est dite confiante de pouvoir livrer de l'aide aux zones assiégées du pays.

Evoquant ce premier largage aérien effectué mercredi par le Programme alimentaire mondial (PAM) au-dessus de Deir Ezzor, ville contrôlée par les jihadistes de l'Etat Islamique (EI), Jan Egeland, principal conseiller de l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a reconnu qu'il y avait eu "des problèmes".

"Des palettes ont dérivé avec leur parachute et donc ont manqué leur cible. Et pour d'autres, le parachute ne s'est pas ouvert et la nourriture a été perdue", a-t-il déclaré aux journalistes.

M. Egeland s'exprimait à l'issue de la 3e réunion de la "task force sur l'accès humanitaire en Syrie", deuxième volet de l'accord conclu il y a deux semaines à Munich par le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG).

En fait, le PAM a indiqué à l'AFP que 10 des 21 palettes contenant chacune une tonne de vivres n'avaient pas été retrouvées, que 4 autres avaient été détruites et que les 7 restantes avaient atterri dans des zones inaccessibles.

"L'équipage de l'avion est très expérimenté et a déjà fait de nombreux largages, mais c'était leur premier largage à haute altitude en Syrie (7.000 mètres) et ce genre d'opération n'est pas sans risque", a expliqué une porte-parole du PAM, Bettina Luescher, dans un e-mail.

"Les largages, particulièrement dans les zones de guerre, sont compliqués (...) mais nous allons encore essayer. Ce n'était que le premier essai", a-t-elle ajouté.

M. Egeland a confirmé que "les meilleurs logisticiens humanitaires du monde sont à pied d'oeuvre pour trouver le moyen d'établir un canal d'aide pour les 200.000 habitants de Deir Ezzor, pour la plupart des femmes et des enfants". Le PAM a prévu un programme de largage sur 3 mois.

Le responsable a toutefois reconnu que "beaucoup reste à faire", en rappelant que 480.000 personnes vivent dans quelque 17 zones assiégées, dont 160.000 dans la Ghouta orientale, à l'est de Damas.

"L'accès aux civils en Syrie a été l'un des problèmes majeurs depuis le début de la guerre, pour nous les humanitaires", a déclaré M. Egeland.

"Nous avons demandé une autorisation pour nous y rendre et nous avons bon espoir d'y parvenir", a-t-il dit.

"2015 a été une année particulièrement mauvaise. Pendant neuf mois, aucune nourriture n'a atteint les zones assiégées", a-t-il rappelé.

"C'est quelque part un progrès qu'en moins de deux semaines depuis la création de cette task force, nous ayons eu plus de 180 camions capables d'atteindre 6 zones qui sont restées trop longtemps assiégées, et 110.000 personnes qui ont reçu de l'aide", a souligné M. Egeland.

"De façon générale, je dirais que la task force marche bien. Nous avons une coopération excellente avec les co-présidents de l'ISSG, les Etats-Unis et la Russie, et les autres membres de la task nous aident aussi."

Une deuxième "task force sur la cessation des hostilités en Syrie" a été créée par le groupe ISSG à Munich. Elle a proposé la mise en place d'un cessez-le-feu à partir de samedi minuit en Syrie (vendredi 22h00 GMT). Elle doit se réunir vendredi après-midi à Genève pour discuter des modalités de la trêve.

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