NOUVELLES
25/02/2016 07:28 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Russie: les défenseurs des droits de l'Homme protestent contre la déportation des réfugiés syriens

Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme ont protesté jeudi contre la décision de Russie de déporter vers Damas trois réfugiés syriens, amenés à cette fin dans un aéroport de Moscou.

"La Russie enfreint la loi internationale en tentant de déporter trois réfugiés syriens" transportés mercredi depuis un centre de détention provisoire au Daguestan, république de l'instable Caucase russe, vers l'aéroport Vnoukovo de Moscou, a dénoncé Amnesty International dans un communiqué.

L'ONG a qualifié d'"honteuse" l'approche des autorités russes envers "les personnes qui ont besoin d'une protection internationale".

"La déportation des réfugiés vers la Syrie en proie à un conflit militaire (...) serait une violation du droit international sans précédent de la part de la Fédération de Russie", a affirmé pour sa part le groupe russe Comité d'Assistance civique.

Les trois réfugiés étaient censés prendre l'avion pour Damas jeudi soir, selon un communiqué de cette ONG qui milite pour les droits des immigrés.

Vers 15H00 GMT, "l'un d'entre eux m'a appelé pour dire qu'ils restaient là, enfermés" à l'aéroport, a déclaré à l'AFP sa présidente Svetlana Gannouchkina.

Le président du Conseil consultatif pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin, Mikhaïl Fedotov, "essaye d'aider" ces personnes, a-t-elle assuré, en précisant l'avoir alarmé sur leur sort.

Les trois réfugiés sont originaires de la ville d'Alep (nord de Syrie), dévastée par les combats acharnés opposant l'armée syrienne aux rebelles et les bombardements, et ont demandé un asile en Russie.

Saisie par l'un des réfugiés, la Cour européenne pour les droits de l'Homme a interdit mercredi sa déportation de Russie. Le même jour, ses deux compatriotes se sont vu refuser l'asile temporaire d'un an par les autorités russes.

Environ 1.000 Syriens ont demandé l'année dernière l'asile temporaire en Russie, a déclaré en janvier le chef du Service fédéral de migration, Konstantine Romodanovski, en précisant que quelque 7.000 Syriens vivaient actuellement dans le pays.

am/mp/cr