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25/02/2016 09:24 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Pologne: enquête sur falsification possible de documents sur Lech Walesa

L'organisme polonais qui instruit les crimes communistes a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête sur la falsification possible de documents censés prouver la collaboration dans les années 1970 du chef historique du syndicat Solidarité, Lech Walesa, avec la police secrète.

L'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) a présenté lundi aux médias ces documents qu'il avait retrouvés la semaine dernière chez la veuve d'un ancien ministre de l'Intérieur communiste, Czeslaw Kiszczak.

"Ce sont des faux grossiers. Je n'ai rien à voir avec cela", avait réagi l'ancien président polonais. Il a reconnu avoir commis "une erreur" en signant dans les années 1970 "des papiers", tout en niant avoir été un "dénonciateur".

Lech Walesa "a affirmé que des fonctionnaires de la police secrète (SB) avaient falsifié les reçus d'argent du collaborateur +Bolek+ (pseudonyme de M. Walesa). Cette version doit être vérifiée dans une enquête, car il pourrait s'agir d'un délit poursuivi d'office", a déclaré à la presse le président de l'IPN, Lukasz Kaminski.

Il a précisé qu'une telle enquête avait été ouverte jeudi par un procureur de l'IPN.

Les photocopies de documents, publiés lundi par l'IPN sans expertise graphologique, contiennent plusieurs notes manuscrites, dont un engagement à la collaboration signé Lech Walesa "Bolek" et des reçus d'argent, signés du même pseudonyme, ainsi que des rapports dactylographiés ou manuscrits de conversations que des fonctionnaires de la SB auraient eu avec "Bolek" dans les années 1970-1976.

Lech Walesa, 72 ans, qui était ouvrier des chantiers navals de Gdansk lors d'une révolte ouvrière réprimée dans le sang en décembre 1970, a toujours assuré qu'il ne s'était pas "laissé briser" à l'époque.

L'affaire de ses contacts présumés avec la police politique communiste a permis aux conservateurs au pouvoir en Pologne de relancer leur thèse selon laquelle la chute du régime en 1989 n'était qu'une opération des services spéciaux.

Cette idée de complot qui aurait été fomenté avec les services soviétiques pour permettre aux élites ex-communistes de garder le pouvoir réel dans le pays, circule depuis longtemps dans les milieux nationalistes, proches du parti au pouvoir Droit et Justice (PIS). Elle est jugée absurde par nombre d'anciens opposants anticommunistes.

mrm/fjb