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25/02/2016 12:13 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Pékin pourrait contrôler "de facto" la mer de Chine méridionale (responsable militaire américain)

La Chine pourrait finir par contrôler "de facto" la très stratégique mer de Chine méridionale si elle continue d'armer tous les îlots artificiels qu'elle a construit sur place, a averti jeudi un haut responsable américain.

La Chine "peut finir par avoir le contrôle opérationnel et tactique des voies maritimes et aériennes" de cette région clef pour le commerce mondial, a déclaré dans une conférence de presse au Pentagone l'amiral Harry Harris, le chef des forces américaines dans le Pacifique.

La mer de Chine méridionale voit transiter chaque année pour "5.300 milliards de dollars de marchandises dont 1.000 milliards destinées aux Etats-Unis" et abrite également de nombreux câbles de communication sous-marins, a-t-il rappelé.

Pékin revendique des droits de souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale et y mène d'énormes opérations de remblaiement d'îlots, transformant des récifs coralliens en ports, pistes d'atterrissage et infrastructures diverses.

Les Américains qui dénoncent la "militarisation" de la zone ont décelé dernièrement la présence de batteries de missiles chinois dans l'archipel des Paracels et d'un radar sophistiqué dans l'archipel des Spratleys.

L'amiral Harris avait indiqué également mercredi que les Etats-Unis allait intensifier les passages de navires de guerre dans la zone, pour manifester la "liberté de navigation" en mer de Chine méridionale.

Le Vietnam, les Philippines, Brunei, la Malaisie et Taïwan ont également des revendications --qui se chevauchent parfois-- sur une partie de la zone.

"Le comportement de la Chine a pour effet de l'isoler" dans la région "et galvanise les autres pays à agir" contre elle, a regretté jeudi le ministre américain de la Défense Ashton Carter, lors d'une audition devant une commission budgétaire du Congrès américain.

Ces pays se tournent vers les Etats-Unis pour trouver du soutien, qu'ils soient des alliés traditionnels de Washington comme le Japon ou la Corée, l'Australie ou les Philippines, ou "de nouveaux partenaires comme le Vietnam et l'Inde", a-t-il estimé.

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