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25/02/2016 02:32 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Pakistan: l'armée lance la "dernière phase" de l'offensive contre les extrémistes

Le Pakistan a entamé la "dernière phase" d'une offensive meurtrière contre les groupes extrémistes armés opérant dans le nord-ouest, à la frontière afghane, dont les talibans pakistanais, a confirmé à l'AFP jeudi un responsable des forces de sécurité.

L'armée a publié mercredi un communiqué indiquant que le puissant chef d'état-major, le général Raheel Sharif, avait ordonné "d'entamer immédiatement la dernière phase de l'opération" Zarb-e-Azb dans le Waziristan du Nord, l'une des zones tribales frontalières de l'Afghanistan où les extrémistes armés opéraient jusque-là impunément.

Un peu plus tard, un porte-parole militaire a indiqué via Twitter que l'opération avait "commencé", mais l'armée n'a donné aucun autre détail.

Un responsable des forces de sécurité a indiqué à l'AFP que cette opération dans des poches du sud Shawal et Data Khel avait débuté "il y a quelques jours", à la faveur du redoux qui fait fondre la neige sur ce terrain montagneux.

"Des forces aériennes et au sol sont mobilisées pour s'en prendre aux terroristes cachés dans la zone", a-t-il indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

"Le but est de nettoyer cette zone des extrémistes", a-t-il ajouté.

L'opération militaire Zarb-e-Azb a été lancée mi-2014, sous la pression des Etats-Unis, pour éradiquer les bases des groupes extrémistes au Waziristan du Nord, et à mettre fin à une décennie de violences islamistes ayant coûté la vie à des milliers de Pakistanais.

En représailles, des talibans se sont attaqués en décembre 2014 à une école gérée par l'armée dans la principale ville du Nord-Ouest, Peshawar, tuant plus de 150 personnes, en majorité des élèves, ce qui a entraîné une intensification de l'opération militaire.

Les Etats-Unis ont qualifié l'offensive de succès, et le niveau des violences a nettement baissé au Pakistan depuis son lancement, le nombre de victimes des attaques extrémistes étant tombé en 2015 à son plus bas niveau depuis l'apparition des talibans pakistanais en 2007.

Un autre responsable des forces de sécurité a indiqué à l'AFP que l'armée prévoyait également d'intensifier ses opérations sur la base d'informations fournies par les services du renseignement.

Des opérations de ce type sont déjà en cours dans des villes comme Karachi, mais elles seront "désormais intensifiées pour nettoyer nos villes des extrémistes pour de bon", selon lui.

L'armée pakistanaise assure avoir éliminé plus de 3.600 extrémistes au Waziristan du Nord, tandis que 358 soldats ont été tués. Mais selon des observateurs, nombre d'insurgés ont simplement été repoussés de l'autre côté de la frontière, en Afghanistan.

Les médias n'ont pas accès à la région, ce qui empêche toute vérification indépendante des bilans.

L'expert en questions sécuritaires Hasan Askari estime que même en cas de succès de cette dernière phase, la route restera longue.

"Il y a beaucoup de choses à reconstruire, et les civils ne peuvent s'en occuper seuls", a-t-il souligné, prédisant le lancement sous peu d'une phase de "reconstruction" afin d'améliorer la sécurité le long de la frontière poreuse.

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