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25/02/2016 03:16 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Migrants: les députés allemands approuvent un durcissement des conditions d'asile

Les députés allemands ont adopté jeudi à une large majorité une série de mesures visant à durcir les conditions d'asile, alors que Berlin cherche à limiter l'afflux de migrants dans le pays.

Les députés du Bundestag, la chambre haute du Parlement, ont adopté par 429 voix pour et 147 contre (4 abstentions) ces mesures, très critiquées par l'opposition de gauche et les associations d'aide aux réfugiés.

Ils ont ainsi validé le train de mesures, dit "Asylpaket II", qui avait été approuvé par la coalition conservateurs/sociaux-démocrates d'Angela Merkel fin janvier et qui prévoit notamment de durcir les conditions du regroupement familial.

Désormais, les migrants bénéficiant de la "protection subsidiaire", qui se situe un cran en dessous du statut de réfugiés, n'auront plus le droit pendant deux ans de faire venir leur famille.

Le texte prévoit aussi la mise en place en Allemagne de cinq centres d'enregistrement des candidats à l'asile pour accélérer notamment l'examen des demandes ayant le moins de chances d'aboutir et faciliter les expulsions des personnes déboutées. Les aides sociales vont également être réduites.

Les députés ont aussi approuvé un texte distinct facilitant l'expulsion des délinquants étrangers. Cette mesure avait été décidée après les agressions de la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne (ouest), où des centaines de femmes avaient été agressées par des hommes présentés par les autorités comme étant majoritairement originaires d'Afrique du Nord.

Après l'accueil de plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015, Mme Merkel doit faire face à une fronde au sein de son propre camp conservateur, au désaveu d'un nombre croissant d'Allemands et à un isolement grandissant en Europe.

Elle refuse néanmoins toujours de plafonner le nombre de réfugiés venant dans le pays et s'oppose à la fermeture des frontières en Europe pour juguler l'afflux. Elle prône au contraire une approche européenne, passant notamment par des quotas d'accueil par pays, se heurtant à l'opposition de nombre de partenaires européens.

L'Autriche, alliée à l'Allemagne sur cette question tout au long de 2015, s'est désolidarisée cette année, limitant drastiquement le nombre de demandeurs d'asile qu'elle acceptera sur son territoire.

bur-dsa/alf/at