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25/02/2016 06:58 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Le patron des patrons français s'oppose à l'accès aux données fiscales des multinationales

Le président du Medef, principale organisation patronale française, Pierre Gattaz, s'est opposé jeudi à la mise à disposition du public des données fiscales des multinationales dans chaque pays de l'Union européenne, alors que la Commission s'apprête à faire des propositions en ce sens.

"On est dans un monde ouvert de compétition internationale. On est d'accord de mettre ces informations à la disposition des autorités fiscales, mais pas de les rendre publiques pour nos concurrents hors Europe, qui, eux, ne nous donnent pas ces informations sur eux-mêmes", a déclaré Pierre Gattaz lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Les informations que le commissaire européen Pierre Moscovici veut rendre publiques sont essentielles. Elles permettraient à une entreprise étrangère d'établir des plans stratégiques par pays", a expliqué le "patron des patrons" français.

"Lors d'un match de foot, si l'une des deux équipes joue avec des règles différentes, ça ne marche pas. C'est la même chose ici", a-t-il ajouté, soulignant qu'il serait d'accord pour publier ces informations si toutes les multinationales du monde étaient soumises au même régime.

Le commissaire européen à la Fiscalité Pierre Moscovici a annoncé mardi que la Commission européenne ferait des propositions en avril pour mettre en place un dispositif de divulgation au public des résultats des multinationales. "Une multinationale doit publier pays par pays ses activités et ses résultats, ses données comptables et fiscales", a-t-il expliqué sur la radio française France Inter.

Pierre Gattaz était à Bruxelles à l'occasion de l'inauguration de la Maison des entreprises de France, nouvelle représentation du patronat français auprès des institutions européennes.

Parmi les nombreux "dangers" qui menacent l'Europe, le Brexit est "un problème qu'il est urgent de régler", a relevé M. Gattaz.

"Nous sommes contre une sortie du Royaume-Uni parce que c'est un des moteurs européens. Si on veut développer l'Europe économique de demain, on a besoin du Royaume-Uni", a-t-il averti. Mais il a estimé qu'il "faudrait répondre aux questions pertinentes" du Premier ministre britannique, David Cameron, sur l'efficacité et la compétitivité de l'Europe.

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