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25/02/2016 12:00 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Le Parlement européen veut un embargo sur la vente d'armes à l'Arabie saoudite

BRUXELLES — Le Parlement européen a réclamé, jeudi, un embargo sur la vente d'armes par les pays de l'Union européenne (UE) à l'Arabie saoudite en raison des frappes aériennes et du blocus naval au Yémen.

Dans une résolution, les députés ont demandé à la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, de lancer une initiative visant à imposer un embargo sur la vente d'armes à l'Arabie saoudite.

Ils ont exprimé de l'inquiétude concernant les bombardements aériens de la coalition dirigée par le royaume au Yémen ainsi que le blocus naval décrété par ce dernier contre les Yéménites, soutenant que ces actions avaient fait des milliers de morts.

La résolution a été adoptée à 449 contre 36, avec 78 absentions.

Au moins 6000 personnes ont perdu la vie depuis que la coalition de pays arabes menée par l'Arabie saoudite a entamé son offensive au Yémen il y a près d'un an. Le conflit oppose le gouvernement yéménite, reconnu par la majorité de la communauté internationale et soutenu par Riyad, et des rebelles chiites appelés Houthis qui ont pris le contrôle de la capitale et d'autres villes en 2014.

Même si la résolution du Parlement européen n'est pas contraignante pour Mme Mogherini et les pays de l'UE, elle a attiré l'attention du gouvernement saoudien.

Dans une lettre adressée à certains députés européens dimanche dernier et que l'Associated Press a obtenue, l'ambassadeur de l'Arabie saoudite à Bruxelles a écrit que le fait de ne pas agir par rapport à la situation au Yémen aurait eu de graves conséquences sur le plan géopolitique.

«Riyad considère ses réalisations dans le cadre de cette campagne comme étant d'une grande importance régionale pour la communauté internationale», a-t-il indiqué.

L'Arabie saoudite et ses alliés du golfe Persique ont souvent défendu leur intervention au Yémen, accusant l'Iran de vouloir utiliser les Houthis pour établir une milice chiite juste au sud de la frontière saoudienne. Téhéran a admis qu'il appuyait les insurgés politiquement, mais a nié leur fournir des armes.

Le Parlement européen a rappelé que la collaboration de l'Arabie saoudite comme celle de l'Iran était cruciale pour résoudre la crise en sol yéménite. Les deux pays ennemis soutiennent également des camps opposés en Syrie, en plus d'appuyer des groupes rivaux au Liban, à Bahreïn et en Irak.

Le Yémen est l'un des pays les plus pauvres du monde arabe. Près de 2,8 millions de Yéménites sont déplacés à l'intérieur du pays, 3 millions d'enfants ne vont pas à l'école et plus de 80 pour cent de la population a besoin d'aide humanitaire.