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25/02/2016 04:49 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Le groupe État islamique fabrique ses bombes avec des pièces civiles

IRBIL, Irak — Le groupe armé État islamique utilise des composantes disponibles commercialement pour assembler la plupart de ses bombes artisanales, révèle un rapport publié jeudi, et certaines pièces sont commandées d'aussi loin que le Japon et les États-Unis.

L'organisation londonienne Conflict Armament Research dit que la majorité des éléments — comme les produits chimiques et les détonateurs — sont achetés à des compagnies en Turquie et en Irak, qui ne savent possiblement pas qu'elles font affaire avec des djihadistes. Plusieurs composantes ont des utilisations civiles, notamment dans l'industrie minière, ce qui les rend relativement faciles à obtenir.

Les bombes artisanales sont utilisées depuis longtemps au Moyen-Orient. Le groupe armé État islamique a notamment recours à des blindés piégés qui peuvent résister au feu ennemi avant de frapper leur cible.

Les chercheurs ont étudié l'origine de quelque 700 composantes récupérées d'usines ou de bombes défectueuses fabriquées par le groupe djihadiste. Les pièces qui ont été identifiées avaient toutes été achetées légalement.

L'explosif le plus courant était composé de nitrate d'ammonium, un engrais courant. Le groupe utilise fréquemment un téléphone mobile Nokia 105 pour faire exploser les bombes à distance, selon le rapport.

La plupart des composantes proviennent de compagnies turques et irakiennes, probablement en raison de leur proximité au califat autoproclamé des djihadistes. Le réseau d'approvisionnement englobe toutefois une vingtaine de pays, y compris les États-Unis, le Brésil, la Chine et le Japon.

«La conclusion la plus étonnante du rapport est que (le groupe armé État islamique) est autosuffisant dans l'obtention d'armes et d'autres biens stratégiques, a dit le directeur exécutif du CAR, James Bevan. Ils peuvent exploiter plusieurs produits disponibles commercialement dans la région.»

On ne sait pas si les distributeurs locaux, qui sont souvent de petites compagnies, savent avec qui ils transigent. La chaîne de possession n'est pas toujours entièrement documentée, puisque certains producteurs et distributeurs ont refusé de collaborer avec l'enquête.

Le groupe djihadiste dispose aussi d'un important arsenal militaire saisi en Irak et en Syrie, en plus des armes achetées sur le marché noir.