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25/02/2016 07:37 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

La Concacaf lance ses réformes, sans donner de consignes pour l'élection à la Fifa

La Confédération d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) a approuvé mercredi et jeudi plusieurs réformes pour mettre fin à une série de scandales financiers et confirmé qu'elle ne donnait pas d'instruction de vote pour l'élection du président de la Fifa vendredi.

Avec ces nouvelles mesures adoptées lors d'un congrès extraordinaire à Zurich, l'objectif est de s'assurer que plus personne "ne puisse tirer de bénéfices individuels" du fonctionnement de l'organisation, ni "commettre des fraudes ou des actes de criminalité", a souligné devant la presse Samir Gandhi, le conseiller juridique de la Concacaf.

La justice américaine accuse trois anciens présidents de l'organisation, Jack Warner, Jeffrey Webb et Alfredo Hawit, d'être impliqués dans des faits de racket, fraude et blanchiment portant sur des dizaines de millions de dollars pendant plus de 25 ans.

Jeffrey Webb a été arrêté en mai en Suisse, et son successeur Alfredo Hawit a été extradé aux Etats-Unis en décembre dans le cadre du scandale de la Fifa.

Samir Gandhi a reconnu que ces années de mauvaise gestion avaient durement affaibli l'organisation. Après l'arrestation de Jeffrey Webb, la Concacaf a découvert qu'il ne lui restait que 2 millions de dollars (1,8 millions d'euros) de trésorerie disponible.

"C'est un montant très très faible", a souligné le juriste qui a expliqué que la Concacaf a rétabli ses finances depuis et dispose désormais de 28 millions de dollars (25,4 millions d'euros) de trésorerie.

La confédération a également annulé 18 partenariats noués par les anciennes directions et s'est fixée de nouvelles règles de transparence financière dont un système d'audit beaucoup plus strict et la limitation des mandats des membres de la direction.

Ces annonces interviennent à la veille de l'élection d'un nouveau président à la tête de la Fifa, grâce à laquelle elle veut tourner la page de la corruption et de scandales dévastateurs pour son image et celle du football.

La Concacaf a souligné que contrairement à d'autres organisations, elle ne souhaitait pas donner de consigne de votes pour le scrutin.

La Conmebol (Amérique du Sud, 10 voix) et les septs pays de l'UNCAF (Amérique centrale), parties intégrantes de la Concacaf, ont toutefois affiché leur soutien à l'Italo-suisse Gianni Infantino, ancien secrétaire général de l'UEFA, l'un des favoris avec le cheikh Salman, le patron barheini de la confédération asiatique (AFC).

Le président de la fédération canadienne de football Victor Montagliani a indiqué que l'implication éventuelle du cheikh Salman dans des violations des droits de l'homme au Barhein a soulevé des préoccupations au sein de la Concacaf.

"Si ces allégations sont vraies, il est dans une situation assez inconfortable", a estimé le dirigeant.

Plusieurs organisations de défense des Droits de l'Homme ont en effet pointé du doigt le rôle présumé du cheikh Salman dans la répression du mouvement de contestation du régime au Bahreïn en 2011.

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