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25/02/2016 06:49 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

L'ONU s'apprête à adopter de nouvelles sanctions contre Pyongyang

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à adopter de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord en riposte à ses récents essais nucléaires et balistiques, après de longues et âpres négociations avec la Chine, seule alliée de Pyongyang.

Les Etats-Unis doivent soumettre jeudi un projet de résolution alourdissant les sanctions contre le régime communiste, après s'être mis d'accord avec la Chine sur un texte à l'occasion de la visite à Washington du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

Les 15 membres du Conseil doivent se retrouver à 19H00 GMT pour discuter de cette proposition. Des diplomates de l'ONU s'attendent à ce qu'elle soit adoptée dans les jours qui viennent, peut-être même avant la fin de la semaine.

Washington a maintenu le secret sur son projet de texte, négocié pied à pied avec Pékin pendant six semaines, mais a d'ores et déjà averti qu'il irait au-delà des précédentes résolutions visant à freiner les programmes militaires nord-coréens.

Les sanctions votées jusqu'ici visent notamment des individus et des entreprises soupçonnés d'aider le régime nord-coréen à développer ses programmes nucléaire et balistique.

Mais un récent rapport d'experts de l'ONU a mis en doute leur efficacité, soulignant que la Corée du Nord continuait de progresser dans sa course aux armements.

Selon le chef de la diplomatie américaine John Kerry, le nouveau texte "ira plus loin que tout ce que nous avons voté dans le passé". Pour l'ambassadrice américaine Samantha Power, il doit s'agir d'une "réponse forte et exhaustive".

D'après la Maison Blanche, Washington et Pékin "se sont mis d'accord sur le fait qu'ils n'accepteraient pas la Corée du Nord comme un Etat disposant de l'arme nucléaire".

- Déjà une panoplie de sanctions -

Des diplomates du Conseil ont évoqué un texte long et "très substantiel", prévoyant des "mesures très dures". Des restrictions aux approvisionnements pétroliers ou au commerce naval avaient même été évoqués au début des négociations mais il semble que Pékin ait réussi à écarter ces options.

La Corée du Nord est déjà sous le coup d'une panoplie de sanctions internationales et américaines adoptées après trois précédents essais nucléaires, en 2006, 2009 et 2013.

Mais, en ce début d'année, elle ne s'est pas contentée de mener son quatrième test atomique le 6 janvier, présenté comme l'essai d'une bombe H bien que les experts soient sceptiques, elle a aussi tiré le 7 février une fusée à longue portée, déclenchant un tollé international.

La Corée du Nord a présenté ce tir comme la mise en orbite d'un satellite mais ses voisins japonais et sud-coréen et les Etats-Unis y ont vu un test de missile balistique déguisé, servant à mettre au point des armes capables de frapper le territoire américain.

Ce tir a fait monter la tension d'un cran dans la région: le Japon, qui siège depuis le début de l'année au Conseil de sécurité, a alourdi ses propres sanctions bilatérales contre Pyongyang. Washington et Séoul ont aussi annoncé, au grand dam de la Chine, des pourparlers sur le déploiement en Corée du Sud d'un système anti-missiles américain dit Terminal High Altitude Area Defence System (THAAD).

Mais, malgré ce qui apparait à la communauté internationale comme une série de provocations nord-coréennes, la Chine s'efforce toujours d'atténuer l'impact des sanctions sur son allié, ce qui explique la longueur des tractations avec Washington sur une résolution.

La Chine redoute un effondrement du régime communiste qui déverserait un flot de réfugiés à sa frontière. Elle s'inquiète aussi de la perspective d'une Corée réunifiée à sa porte et inféodée aux Etats-Unis.

Ces inquiétudes sont partagées en partie par la Russie, membre permanent du Conseil ayant droit de veto sur toute décision et en froid avec Washington. Selon des diplomates du Conseil, la Russie devrait examiner à la loupe le projet américano-chinois, ce qui pourrait retarder son adoption sans toutefois la remettre en cause.

avz/elm