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25/02/2016 00:20 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

L'Iran, une République islamique qui renoue avec le monde

L'Iran, où des élections sont prévues vendredi, renoue avec la communauté internationale après l'accord nucléaire.

- ELECTIONS CRUCIALES

Deux chambres actuellement dominées par les conservateurs, le Parlement et l'Assemblée des experts, seront renouvelées.

Il s'agit d'élections cruciales pour le président modéré Hassan Rohani qui espère obtenir une majorité d'élus réformateurs et modérés afin d'avoir les coudées franches pour appliquer ses réformes politiques et sociales.

Les 290 membres du Parlement monocaméral sont élus au suffrage universel direct pour quatre ans. Toutes les lois doivent être validées par le Conseil des gardiens de la Constitution, qui a aussi la haute main sur les candidatures -aux législatives, à l'Assemblée des experts ou à la présidentielle- et doit confirmer la validité de tout scrutin.

Les 88 religieux de l'Assemblée des experts sont élus pour huit ans au suffrage universel direct. Ils sont chargés d'élire le guide suprême et éventuellement le démettre.

La Constitution donne l'essentiel du pouvoir au guide, actuellement l'ayatollah Ali Khamenei.

Le président est élu pour quatre ans au suffrage universel avec un maximum de deux mandats successifs. Il nomme le gouvernement.

- UNE PUISSANCE CHIITE

Héritier de l'Empire perse, monarchie gouvernée par un chah (empereur), l'Iran (1.648.000 km2) est dominé par la dynastie Pahlavi de 1925 à 1979.

En 1979, Mohammed Reza, au pouvoir depuis 1941, est chassé par la rue en janvier. L'ayatollah Rouhollah Khomeiny, exilé par le chah en 1964, revient triomphalement à Téhéran le 1er février puis la radio annonce "la fin de 2.500 ans de despotisme" le 11 février, qui devient la date de la fête nationale. Une République islamique est proclamée le 1er avril 1979.

De 1980 à 1988, une guerre avec l'Irak fait un million de morts dans les deux pays.

Après la mort de Khomeiny en 1989, l'ayatollah Ali Khamenei est élu guide suprême et le conservateur modéré Akbar Hachémi Rafsandjani, élu président de la République, engage des réformes économiques. En 1997, le réformateur Mohammad Khatami lui succède jusqu'à l'élection en 2005 du populiste Mahmoud Ahmadinejad dont la réélection contestée en 2009 entraîne des manifestations sévèrement réprimées.

Elu en 2013, l'actuel président modéré Hassan Rohani relance les négociations sur le nucléaire avec les Occidentaux. Un accord historique est signé le 14 juillet 2015: il garantit le caractère civil du programme nucléaire iranien en échange d'une levée progressive des sanctions internationales.

Parallèlement, l'Iran s'affirme comme puissance régionale chiite face à l'Arabie saoudite sunnite, notamment en Syrie et au Liban, en Irak et au Yémen.

-UNE ECONOMIE AFFAIBLIE -

L'Iran est la deuxième économie au Proche-Orient après l'Arabie saoudite, avec un PIB estimé à 406,3 milliards de dollars en 2014 (Banque mondiale).

Ce pays de 79 millions d'habitants a également la deuxième population de la région, après l'Egypte, mais la faible croissance démographique (1,2% en 2014, le plus bas taux de la région) inquiète les autorités.

Membre fondateur de l'Opep, l'Iran dispose des quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et des deuxièmes pour le gaz. Il produit actuellement 2,8 millions de barils/jour dont un peu plus d'un million pour l'exportation.

La croissance actuelle est quasi nulle, minée par la chute du brut après avoir été affaiblie par les sanctions internationales. Elle était estimée à quelque 3% en 2014/2015 après deux années de récession.

Le FMI table sur +4,3% en 2016/2017, avec la levée progressive des sanctions, après l'entrée en vigueur de l'accord sur le nucléaire.

Tout en invitant les investissements étrangers -30 à 50 milliards USD annuels seraient nécessaires pour la croissance souhaitée de 8%-, l'Iran a réintégré le système bancaire international SWIFT, signé un accord de 25 milliards de dollars pour acheter 118 Airbus et annoncé une augmentation de 500.000 bj de sa production.

Mais l'inflation, ramenée à environ 13% contre 45,1% en 2012, reste forte et le chômage élevé (11,4% en 2014, en hausse par rapport à 10,4% en 2013 selon la Banque mondiale).

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