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25/02/2016 04:02 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

L'engorgement des migrants ne cesse d'augmenter en Grèce

THESSALONIQUE, Grèce — Quelque 400 migrants arrivés de Syrie et d'Irak ont quitté à pied jeudi un camp de réfugiés en Grèce pour rejoindre la frontière avec la Macédoine, à environ 70 kilomètres de là.

La police dit que les migrants, qui sont majoritairement syriens, sont sortis du camp nouvellement érigé près de Thessalonique, la deuxième ville en importance du pays, et qu'ils marchent le long d'une autoroute.

La situation illustre les répercussions sur la Grèce de la décision de l'Autriche et de pays des Balkans de limiter le nombre de migrants qu'ils acceptent chaque jour, au moment où quelque 4000 nouveaux réfugiés continuent d'arriver quotidiennement en Grèce.

Le gouvernement grec a témoigné de son exaspération jeudi en rappelant son ambassadeur en Autriche dans le but de «préserver les relations amicales» entre les deux pays, selon le ministre des Affaires étrangères Nikos Kotzias. Les autorités autrichiennes avaient organisé la veille, à Vienne, une rencontre sur la crise des migrants à laquelle la Grèce n'avait pas été invitée.

La Grèce n'arrête pas les migrants qui arrivent illégalement sur son territoire s'ils proviennent de la Syrie, de l'Irak ou d'autres pays qui les rendent admissibles à l'asile politique. Ceux qui arrivent au port de Pirée montent habituellement à bord d'autocars et de trains qui les mènent directement à la ville d'Idomeni, le long de la frontière avec la Macédoine.

Mais les restrictions font que près de 3000 personnes se massent maintenant à la frontière entre les deux pays, et seulement une centaine ont pu traverser jeudi matin. Les autorités disent qu'une quarantaine d'autocars sont immobilisés en divers endroits, le long de l'autoroute de 500 kilomètres qui file vers le nord depuis Athènes.

La décision de l'Autriche et d'autres pays des Balkans a été vertement critiquée par la Grèce et plusieurs organisations humanitaires.

«Cela ne fera qu'exacerber une situation humanitaire déjà grave et fera augmenter les risques encourus par les plus vulnérables», a dit Kirk Day, de l'organisation new-yorkaise International Rescue Committee.

Une représentante de la Macédoine a expliqué à l'Associated Press que le pays admet sur son territoire un nombre de réfugiés égal au nombre qui en sortent.

Par ailleurs, le Parlement allemand devrait adopter jeudi une série de mesures pour accélérer le traitement des dossiers des demandeurs d'asile et faciliter l'expulsion de ceux qui commettent des crimes. La chancelière Angela Merkel a déjà donné son feu vert à ces mesures et le vote de jeudi est perçu comme une simple formalité.

Enfin, un juge français doit décider jeudi s'il autorise les autorités du pays à démanteler un camp improvisé de migrants près de la ville de Calais, où se terrent quelque 4000 personnes qui espèrent se rendre au Royaume-Uni. Le camp devait être démantelé mardi, mais des organisations humanitaires se sont adressées à la justice pour immobiliser les bouteurs.

Ceux qui veulent démolir le camp évoquent des problèmes sécuritaires et sanitaires, tandis que les détracteurs de la mesure affirment que cela ne fera que déplacer le problème ailleurs.