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25/02/2016 07:45 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Hongrie/migrants: la Commission européenne "ne comprend pas" le recours au référendum

La Commission européenne a dit jeudi "ne pas comprendre" la décision de la Hongrie d'organiser un référendum sur le programme de répartition des réfugiés entre pays membres de l'UE.

"Nous ne parvenons pas à comprendre comment cela s'intégrerait dans le processus de décision sur lequel se sont accordés tous les Etats membres en vertu des traités (européens)", a réagi Natasha Bertaud, une porte-parole de l'exécutif européen, lors d'un point presse quotidien.

Le commissaire européen en charge de la Migration Dimitris Avramopoulos a demandé des éclaircissements à la Hongrie sur "le but" du référendum.

"C'est une question interne mais (...) directement liée à une mesure européenne. Tout ce qui a à voir avec la répartition et la réinstallation (de réfugiés), ne l'oublions pas, est une décision contraignante prise par tous les Etats membres", a souligné M. Avramopoulos lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des ministres de l'Intérieur à Bruxelles.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé mercredi l'organisation d'un référendum sur le plan européen de répartition des réfugiés auquel son gouvernement de droite est opposé.

Ce plan, adopté en septembre et qui instaure des quotas obligatoires de répartition, est juridiquement contraignant. La Hongrie a porté plainte en décembre devant la justice européenne dans l'espoir de se dégager de cette obligation.

Sur 160.000 demandeurs d'asile que les Etats membres ont promis de se répartir entre eux, environ 2.300 doivent être "relocalisés" en Hongrie. Le compteur n'est toutefois pas pour l'instant débloqué.

M. Orban, qui n'a pas donné de date de consultation, a rapporté que la question posée serait: "Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l'approbation du parlement hongrois ?".

Le débat interne en Hongrie "est toujours en cours", a noté de son côté Natasha Bertaud, en conséquence la Commission attendra des éclaircissements avant de se prononcer sur cette décision.

"Tant qu'on n'a pas de clarifications, d'abord (pour savoir) si ce référendum aura lieu, sur quelle question il se focalise principalement, sur quelle législation, je ne suis pas en mesure de déterminer sa légalité", a commenté Mme Bertaud.

Viktor Orban, dont la rhétorique antiréfugiés est très prononcée, s'était opposé à ce plan (tout comme la Pologne et la Slovaquie) visant à soulager la Grèce et l'Italie, en première ligne dans l'accueil des migrants. Ils ont été plus d'un million à arriver sur le territoire de l'UE en 2015, plus de 100.000 depuis le début de l'année.

Le mécanisme de répartition souffre toutefois de sa très lente mise en place: un peu moins de 600 personnes en ont profité jusqu'à présent.

mla/agr/lpt