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25/02/2016 07:33 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Grèce : des migrants marchent vers la Macédoine, faute de cars pour s'y rendre

Des centaines de migrants marchaient sur les routes grecques jeudi en direction de la Macédoine, les autorités limitant le nombre des autocars autorisés à s'y rendre afin de ne pas aggraver l'encombrement au poste-frontière d'Idomeni.

Quatre cents personnes qui avaient été ramenées d'Idomeni (nord) ces derniers jours et placées par les autorités grecques dans le camp ouvert de Diavata, près de Thessalonique, tentaient, souvent des enfants dans les bras, de retourner à pied, au poste-frontière situé à 80 km de là, a déclaré la police.

Ces migrants "ont leur sac à dos et se dirigent vers le nord. Ce sont essentiellement des jeunes (...) Et ni l'armée, ni la police ne peuvent les arrêter car il y a le risque (d'incidents)", a dit à une radio locale le maire de Thessalonique Yannis Boutaris.

Par ailleurs, dans le centre de la Grèce, deux cents autres personnes marchaient aussi en direction d'Idomeni, distante de 300 km, escortées par des forces policières.

La circulation automobile a été interrompue pour des raisons de sécurité à la mi-journée avant de reprendre dans l'après-midi.

"Il s'agit de familles entières, comment peut-on les arrêter ?", a confié une source policière à l'AFP. "Ils veulent tous aller à Idomeni", a-t-il ajouté, sans préciser comment ces migrants étaient arrivés là.

Un troisième groupe, de cent personnes cette fois, est parti de Kozani, dans le nord, également vers la frontière, a annoncé l'agence de presse d'Etat ANA.

Dans les trois cas, on ignorait la nationalité de ces personnes.

Le poste-frontière d'Idomeni, par lequel migrants et réfugiés transitaient depuis l'été vers la Macédoine, n'accepte désormais plus que les Syriens et les Irakiens.

Depuis dimanche, elle refoule ainsi les Afghans, invoquant le refus des Serbes et Croates de les laisser continuer leur route, sans que les raisons précises de cette mesure soient connues.

Les normes concernant les pièces d'identité présentées ont été de surcroît revues, leur absence ou la présentation de faux papiers constituant un motif de refoulement.

Le passage de la frontière gréco-macédonienne est en conséquence extrêmement lent et au moins 3.500 migrants attendaient jeudi de pouvoir entrer en Macédoine au poste-frontière d'Idomeni.

Cette situation a poussé les autorités grecques à conduire une partie de ces migrants dans les camps d'accueil de Diavata et de Schisto, ce dernier étant situé près d'Athènes.

Jeudi, seules 100 personnes avaient été autorisées à passer en Macédoine à la mi-journée, après 250 pour toute la journée de mercredi.

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