NOUVELLES
25/02/2016 05:12 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

GB: une décennie d'incertitude économique en cas de Brexit (figure du patronat)

Le Royaume-Uni serait confronté à une décennie d'incertitude économique en cas de sortie de l'Union européenne, a mis en garde une figure du patronat britannique dans une déclaration à l'AFP.

Le pays risque "jusqu'à dix ans d'incertitude relative - et c'est profondément dissuasif pour de nombreuses entreprises", a déclaré Simon Walker, le directeur général de l'Institut des directeurs (IoD).

Selon Simon Walker, dont l'organisation représente près de 35.000 dirigeants d'entreprises, la plupart des PME, la majorité des entreprises souhaite rester dans l'Union européenne.

"Je ne peux pas penser à une seule grosse entreprise du FTSE qui soit vraiment favorable à une sortie de l'UE", souligne-t-il, en évoquant l'indice vedette de la Bourse de Londres.

Mais les PME seraient aussi parmi les plus vulnérables en cas de Brexit, car elles exportent plutôt vers l'Europe que vers d'autres marchés comme l'Inde ou la Chine.

Simon Walker cite aussi le problème que rencontrerait le secteur technologique londonien, qui représente près de 40.000 entreprises, s'il n'arrivait plus à attirer aussi facilement qu'aujourd'hui de jeunes sociétés de l'Europe entière.

La campagne bat son plein depuis l'annonce samedi de la tenue d'un référendum le 23 juin, à la suite des concessions obtenues par le Premier ministre britannique David Cameron à Bruxelles en fin de semaine dernière auprès de ses partenaires européens.

Près de 200 dirigeants d'entreprise et entrepreneurs, parmi lesquels figurent 36 présidents ou directeurs généraux des 100 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Londres, ont cette semaine signé une lettre ouverte parue dans The Times pour mettre en garde sur les dangers d'un "Brexit" sur l'emploi et l'économie.

Parmi les adhérents de l'IoD, 60% se déclarent favorable à un maintien dans l'UE contre 30% pour une sortie.

Mais les arguments en faveur du Brexit portent plutôt sur les questions de souveraineté et d'immigration que sur la logique économique, souligne Simon Walker.

"Si les habitants de ce pays veulent prendre des mesures qui finiront par réduire les emplois, réduire la valeur de la livre sterling, limiter la croissance économique, cela est absolument leur droit démocratique", estime-t-il dans un entretien réalisé cette semaine.

"Ce qui est important, c'est qu'ils aient conscience de ce qu'ils font", conclut-il.

par-jmi/pn/at