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25/02/2016 06:58 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Fifa - Le poison du Qatar

L'attribution du Mondial-2022 au Qatar sur fond d'accusations de corruption constitue l'un de dossiers brûlants dont héritera le nouveau président de la Fifa élu vendredi.

La désignation du richissime émirat gazier, le 2 décembre 2010, a été l'un des déclencheurs de la grave crise qui secoue l'instance mondiale et le successeur de Joseph Blatter devra en assumer le lourd héritage, sur fond d'enquête lancée par la justice suisse.

Dès la nouvelle connue, la presse britannique avait dénoncé la "corruption" qui aurait entaché la victoire du Qatar. Mais c'est l'activisme des Etats-Unis, arrivés juste derrière le petit pays de 2,2 millions d'habitants lors du vote, qui a tout fait voler en éclats.

Barack Obama n'avait pas hésité à s'insurger d'emblée contre "une mauvaise décision" et le 27 mai 2015, les Américains tiennent leur revanche en faisant imploser la Fifa. Une descente spectaculaire est organisée par la police suisse, avec l'aide du FBI, au petit matin à l'hôtel Baur au Lac où sont logés les plus hauts dignitaires de l'organisation juste avant la réélection du président Joseph Blatter pour un cinquième mandat. Au total, sept personnes sont arrêtées, plongeant la fédération internationale dans le plus grand scandale de son histoire.

- Garcia claque la porte -

Le dossier du Qatar n'a en fait jamais cessé d'empoisonner la vie de la Fifa. La chambre d'instruction du comité d'éthique de l'instance mondiale, dirigée par l'ancien procureur américain Michael Garcia, est ainsi chargée dès août 2012 d'enquêter sur d'éventuelles malversations.

Hans-Joachim Eckert, président de la chambre de jugement du comité d'éthique, relève dans le rapport Garcia "des comportements douteux" mais aucune preuve de corruption, en novembre 2014. Michael Garcia claque la porte et s'insurge contre une présentation "erronée et incomplète" de son enquête, alimentant encore un peu plus les soupçons.

Le scandale a aussi causé des dommages collatéraux: Blatter n'a pas hésité à utiliser l'affaire pour essayer de discréditer son grand rival Michel Platini. Le Suisse a ainsi accusé la France et l'Allemagne d'avoir fait "pression" sur certains votants, évoquant une entrevue décisive à l'Elysée entre le président de la République de l'époque Nicolas Sarkozy et Platini, en présence notamment du futur émir du Qatar.

L'émirat a aussi été pointé du doigt pour les conditions de travail des ouvriers sur les chantiers de la Coupe du monde. Et la question brûlante du calendrier de la compétition a longtemps occupé les esprits en raison des températures caniculaires enregistrées au Qatar en été. Finalement, la Fifa a opté pour un tournoi entre le 21 novembre et le 18 décembre 2022.

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