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25/02/2016 06:15 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Des dameuses au mont Royal pour le Tour de ski

Les abonnés du parc Jeanne-Mance à Montréal, le fameux parc des tams-tams, ont peut-être la berlue ces jours-ci. Un village de conteneurs et de roulottes est en train de pousser pendant que des dameuses donnent plutôt l'impression d'être au pied de la station de ski de Saint-Bruno. 

Un texte de Jean-Patrick Balleux

Bienvenue sur le parcours de la Coupe du monde de ski de fond!

Mercredi prochain, 150 athlètes d'une vingtaine de pays, dont les Canadiens Alex Harvey, Lens Valjas et Ivan Babikov, sueront à grosses gouttes sur un parcours de 3,5 km autour du monument Georges-Étienne-Cartier.

L'épreuve de 13 km pour les femmes et de 20 km pour les hommes de style classique avec départ de masse est en fait la deuxième étape de huit qui constituent le tout nouveau Tour de ski du Canada.

Le chrono qui partira de zéro à Québec le 1er mars ne s'arrêtera que le 12 mars à Canmore en Alberta à l'issue de la grande finale.

Une dernière occasion pour les meilleurs fondeurs de la planète d'amasser des points sur le circuit de la Coupe du monde.

  • 1er mars à Gatineau : sprint 1,7 km (libre)
  • 2 mars à Montréal : 13 ou 20 km départ de masse (classique)
  • 4 mars à Québec : sprint 1,7 km (libre)
  • 5 mars à Québec : poursuite (libre)
  • 8 mars à Canmore : sprint 1,5 km (classique)
  • 9 mars à Canmore : skiathlon 15 ou 30 km (une épreuve libre, l'autre classique)
  • 11 mars à Canmore : 10 ou 15 km départ à intervalles (libre)
  • 12 mars à Canmore : poursuite 10 ou 15 km (classique)

« Quand on organise une Coupe du monde de ski de fond en sol canadien, on peut inscrire un nombre supplémentaire d'athlètes [d'ici]. Ça donne une opportunité supplémentaire de compétition internationale aux plus jeunes... Mais en même temps, ça permet de former des officiels et des entraîneurs de haut niveau », explique Stéphane Barrette, directeur du développement des athlètes et entraîneurs à Ski de fond Canada.

Le Canada délèguera d'ailleurs 14 hommes et 12 femmes sur les pistes.

Du ski sur patinoire?

Avant l'arrivée des athlètes, la fabrication du parcours relève du miracle étant donné les aléas de la météo.

Pour prévenir la fonte causée par la pluie, les organisateurs ont soufflé plus de 22 000 mètres cubes de neige artificielle dans le parc, alors que les besoins réels sont de l'ordre de 16 000 mètres cubes.

C'est le tiers de la production annuelle de neige d'une petite station de ski. Et la pluie? 

« On a un 5000 à 7000 m cubes de réserve, explique Patrice Drouin, le président de Gestev qui est aussi derrière l'organisation du Red Bull Crashed Ice et de la Coupe du monde de surf des neiges à Québec. La neige artificielle est très dense. Plus on la bouge, plus elle gagne en compaction. »

Avec le temps froid annoncé d'ici mercredi, les fondeurs défieront un parcours aux allures de patinoire.

L'idéal, comme en ski alpin où les pistes de Coupe du monde sont toujours injectées d'eau pour les rendre plus rapides et plus stables.

Parcours balisé et conteneurs transformés en salles de fartage et chalets pour les officiels serviront à l'événement d'hiver le plus important jamais présenté dans la métropole.

L'épreuve, qui devait se tenir au sommet du mont Royal où l'eau nécessaire à la production de neige se fait rare, a été déplacée au bas de la montagne.

La Fédération internationale de ski, souvent très stricte avec ce genre de détails, a approuvé le nouveau tracé par téléphone.

« C'est la première fois qu'ils changeaient un parcours de Coupe du monde au complet. Changer de parcours à 100 %, ça va passer à l'histoire », dit Drouin, qui a la confiance de la FIS et l'expertise de ce genre de défi impossible.

« Pour les athlètes, c'est un gros avantage (que d'avoir cette Coupe du monde en bordure de l'avenue du Parc). On amène l'événement en ville près des gens. C'est facile d'accès et, en plus, c'est la semaine de relâche. On espère qu'il y aura des gens pour les encourager », lance Barrette.

Si la Fédération internationale et les athlètes sortent satisfaits du Tour de ski du Canada, l'événement pourrait être présenté au pays tous les quatre ans pendant les saisons sans Jeux olympiques ni Championnats du monde.

Reste à voir si Dame Nature a l'intention de collaborer davantage une prochaine fois. 

Sans quoi, il faudra ressortir les canons à neige!