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25/02/2016 10:37 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Cryptage: prochaine audition d'Apple et du FBI au Congrès à Washington

Le FBI et Apple seront entendus mardi par le Congrès à Washington sur leur différend judiciaire concernant le déblocage d'un iPhone dans l'enquête sur la tuerie de San Bernardino en Californie, a annoncé jeudi l'assemblée.

Quelques heures plus tôt, le patron de la police fédérale, James Comey, s'est défendu de vouloir créer un précédent en demandant à la justice de contraindre Apple à débloquer ce smartphone, qui selon lui pourrait se révéler utile dans l'enquête sur cette attaque islamiste qui a fait 14 morts en décembre.

Le bras de fer avec Apple sur cet iPhone "n'est pas destiné à envoyer un message ou à créer une sorte de précédent", a déclaré M. Comey devant une commission du Congrès.

Le FBI cherche simplement "à être compétent" dans une enquête en cours, a-t-il relevé.

M. Comey représentera le FBI à l'audition du Congrès, Apple sera de son côté représenté par l'un de ses hauts responsables, Bruce Sewell.

Une juge de Californie a ordonné à Apple de fournir "une assistance technique raisonnable" au FBI pour lui donner accès à cet iPhone, une décision contre laquelle Apple devrait faire appel d'ici vendredi.

Le patron d'Apple Tim Cook a estimé mercredi qu'un jugement forçant la firme à la pomme à débloquer l'iPhone de l'un des auteurs de la tuerie serait "mauvaise pour l'Amérique".

Pour répondre à la demande du FBI, Apple devrait créer un logiciel "équivalent à un cancer", ouvrant une "porte dérobée" pour accéder aux contenus des iPhone, qui serait accessible non seulement aux autorités légitimes mais aussi aux criminels et aux dictateurs, a affirmé le géant californien.

Jeudi, M. Comey a concédé que la question du cryptage inviolable était "la question la plus difficile en matière de gouvernement" qu'il ait jamais connue.

Dans ce débat, le rôle du FBI est que le grand public "comprenne quel sont les coûts" associés à un monde ou le cryptage inviolable se généralise, a-t-il souligné.

La police "sauve des vies" grâce à des mandats de recherche dans des téléphones portables, et "nous allons entrer dans un monde où ce ne sera plus possible", a-t-il souligné.

Le patron d'Apple a dit vouloir parler du dossier avec le président des Etats-Unis Barack Obama, et être prêt à faire remonter l'affaire jusqu'à la Cour suprême.

Apple a reçu le soutien de plusieurs dirigeants du secteur technologique, dont le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, ou celui de Google, Sundar Pichai.

Le chef de la CIA, John Brennan, a en revanche jugé mercredi "clairement légitime" la démarche du FBI, estimant sur la radio publique NPR qu'il ne devait pas "y avoir un endroit où les terroristes, ou les criminels, ou toute autre personne cherchant à enfreindre la loi, puisse bénéficier d'une totale impunité".

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