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25/02/2016 06:27 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Chypre s'apprête à écourter considérablement le service militaire

Le gouvernement chypriote s'est accordé à réduire la durée du service militaire de 24 à 14 mois, la plus importante réforme militaire depuis des décennies dans l'île méditerranéenne divisée, a affirmé jeudi le ministre de la Défense Christoforos Fokaides.

"C'est la première étape pour la création d'une armée professionnelle (...) et non une décision qui affaiblira notre défense", a indiqué à la presse M. Fokaides.

Cette réforme intervient après l'annonce le mois dernier par le président de la République de Chypre Nicos Anastasiades et son homologue de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN) Mustafa Akinci d'un possible accord de réunification en 2016 après quatre décennies de division.

Le service militaire de la Garde nationale chypriote grecque est de 24 mois, l'un des plus longs au monde. Il est très critiqué par les parents qui affirment qu'une telle durée empiète sur l'éducation et la carrière professionnelle de leurs enfants.

M. Anastasiades, au pouvoir depuis mars 2013, avait fait de la réduction du service militaire l'une de ses promesses de campagne.

"Un important but est proche d'être achevé", s'est félicité jeudi sur Twitter le président Anastasiades, tandis que le ministre des Finances Harris Georgiades écrivait sur le même réseau social: "Nous allons de l'avant!"

Une proposition de loi va maintenant être présentée au Parlement pour approbation et devrait être votée au cours de l'année.

Les conscrits ayant débuté leur service l'été dernier effectueront 18 mois au lieu de 24 tandis que ceux qui commenceront à l'été 2016 ne feront plus que 14 mois.

Chypre est souvent décrit comme l'un des endroits les plus militarisés au monde, avec la présence des casques bleus de l'ONU, de troupes d'occupation turques dans la partie nord de l'île, de deux bases souveraines britanniques et d'un contingent de l'armée grecque, en plus de la Garde nationale chypriote.

L'île méditerranéenne est divisée depuis l'invasion en 1974 de sa partie nord par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat nationaliste qui visait à rattacher l'île à la Grèce et qui avait suscité l'inquiétude de la minorité turcophone de l'île.

Après de nombreux échecs, des négociations pour un accord de paix ont repris en mai 2015 sous l'égide de l'ONU.

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