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25/02/2016 17:07 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Chine: "pas de fondement pour une dépréciation persistante du yuan" (PBOC)

Il n'y a "aucun fondement" pour une dépréciation persistante du yuan, a de nouveau affirmé vendredi le gouverneur de la banque centrale chinoise (PBOC), tout en assurant que Pékin gardait "les outils de politiques monétaires" appropriés pour répondre à un assombrissement de la conjoncture économique.

"Il n'y a pas de fondement pour une dépréciation persistante du renminbi" (autre nom du yuan) car "les fondamentaux de l'économie chinoise restent solides", a déclaré Zhou Xiaochuan, s'exprimant juste avant une rencontre à Shanghai des grands argentiers du G20.

Relativement encadrée, la monnaie chinoise peut fluctuer face au dollar dans une fourchette de 2% autour d'un taux-pivot déterminé quotidiennement par la banque centrale. Celle-ci doit cependant composer avec les tendances du marché et une forte pression à la baisse sur le yuan, notamment face à un dollar vigoureux.

La PBOC avait ainsi abaissé ce taux-pivot durant huit séances consécutives début janvier, laissant redouter une dévaluation rampante.

Le yuan s'est déprécié d'environ 1,4% par rapport au dollar en janvier.

La Chine avait déjà ébranlé les marchés financiers mondiaux en août dernier en dévaluant brutalement le yuan de presque 5% en l'espace d'une semaine, une décision alors largement perçue comme une dévaluation compétitive destinée à soutenir les exportateurs chinois.

Pékin s'en était défendu, mais sans parvenir à dissiper les craintes d'une potentielle "guerre des devises".

Par ailleurs, le vif ralentissement de la deuxième économie mondiale, les violentes turbulences des Bourses locales et l'interventionnisme tous azimuts du gouvernement ont poussé de nombreux investisseurs affolés à sortir leurs yuans hors de Chine pour acheter des dollars, en dépit de restrictions drastiques imposées par les autorités.

Des fuites de capitaux massives évaluées par des experts à 1.000 milliards de dollars pour l'an dernier, et qui pèsent désormais lourdement sur le cours du renminbi.

Soucieux de stopper l'hémorragie et d'enrayer la glissade trop rapide du cours sa monnaie, la Chine puise dans ses colossales réserves de devises étrangères pour racheter massivement des yuans.

Ces réserves de changes, les plus importantes du monde, ont fondu de presque 100 milliards de dollars en janvier, pour tomber à 3.200 milliards de dollars, au plus bas depuis mai 2012.

"Ces réserves seront maintenues à un niveau approprié et raisonnable", affirmait cependant un communiqué de la PBOC publié vendredi.

Par ailleurs, "la Chine conserve une marge de manoeuvre monétaire et les outils de politique monétaire pour faire face aux risques potentiels" pour l'économie, a insisté M. Zhou, ajoutant que Pékin maintiendra "une politique flexible et appropriée".

Ce qui pourrait signifier de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire --comme s'y attendent nombre d'analystes-- mais sans ouvrir pour autant la voie à un plan de relance budgétaire massif comme en 2008-2009.

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