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25/02/2016 02:42 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Bulgarie: 14 personnes jugées pour soutien à l'EI

Le procès de 14 personnes accusées de propagande en faveur de l'organisation Etat islamique (EI) et d'aide logistique à des jihadistes européens en route pour le Moyen-Orient s'est ouvert jeudi à Pazardjik, dans le sud de la Bulgarie.

Les prévenus --treize hommes, tous barbus, et une femme-- sont arrivés menottés dans la salle du tribunal, où deux jours d'audience sont prévus. Ils encourent huit ans de prison.

Trois d'entre eux doivent répondre de soutien logistique, comprenant le transport, le logement, la fourniture de téléphones portables et de faux papiers, fourni en 2013 et 2014 à quatre jihadistes de passage.

Parmi ces bénéficiaires figure, selon l'acte d'accusation de 150 pages, un Français d'origine bosniaque ayant traversé la Bulgarie en voiture à plusieurs reprises, et qui "participe actuellement à des combats en Syrie aux côtés de l'organisation État Islamique".

La Bulgarie est considérée comme un pays de transit privilégié pour les candidats européens au jihad optant pour la voie terrestre pour rejoindre la Syrie et l'Irak.

Les prévenus, dont 13 sont originaires de la minorité rom, sont également accusés d'avoir arboré des drapeaux noirs et des t-shirts avec les symboles de l'EI, et d'avoir scandé des chants djihadistes en public.

Leur chef de file, Ahmed Moussa Ahmed, 40 ans, imam autoproclamé du quartier rom de Pazardjik, a déjà été condamné à deux reprises pour propagande islamiste.

Pionnier présumé de l'islam radical en Bulgarie, ce chrétien converti compte "plusieurs centaines d'adeptes" à travers la Bulgarie, selon l'accusation. C'est lui, selon le parquet, qui a introduit le port du niqab dans le pays, en 2013.

Selon la procureure Nedialka Popova, Ahmed Moussa Ahmed et ses lieutenants appelaient les musulmans bulgares à être "prêts pour la guerre" et diffusaient des images d'exécutions de l'EI sur internet.

Mais selon Vassil Guetchev, avocat de la défense, les prévenus n'avaient aucune visée illégale et les symboles utilisés sont "liés à l'islam en général".

Les autorités sont particulièrement vigilantes à la pénétration en Bulgarie de l'idéologie salafiste, différente de l'islam modéré traditionnellement pratiqué par la minorité musulmane du pays, qui représente quelque 13% de la population.

vs/phs/at