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25/02/2016 08:18 EST | Actualisé 25/02/2017 00:12 EST

Ban Ki-moon appelle les dirigeants sud-soudanais à faire preuve de "responsabilité"

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé jeudi les acteurs de la crise au Soudan du Sud, un pays déchiré par la guerre civile depuis plus de deux ans, à faire preuve de "responsabilité" et à oeuvrer à l'application de l'accord de paix signé en août 2015.

"Le gouvernement du Soudan du Sud doit exercer pleinement sa responsabilité et et protéger sa population", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Juba, à l'issue d'une brève visite au cours de laquelle il a notamment rencontré le président sud-soudanais Salva Kiir.

"Le Soudan du Sud a maintenant un accord de paix signé en août, et respecter les termes de cet accord n'est pas une option, c'est un devoir", a fait valoir M. Ban, qui s'est aussi entretenu par téléphone avec le chef de la rébellion Riek Machar.

L'accord de paix conclu par MM. Kiir et Machar le 26 août 2015 prévoyait un cessez-le-feu et un mécanisme de partage du pouvoir, pour mettre fin à la guerre déclenchée en décembre 2013.

Le président Kiir a réinstallé le 11 février M. Machar au poste de vice-président, qu'il avait déjà occupé entre 2005 et juillet 2013, marquant un léger progrès dans l'application de cet accord.

Mais les discussions sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, censées aboutir avant la date butoir du 22 janvier, sont pour l'instant encore dans l'impasse. Et M. Machar n'est toujours pas retourné à Juba, la capitale, où il n'a plus mis les pieds depuis deux ans.

"Mon message aux dirigeants du Soudan du Sud est clair: mettez la paix au-dessus de la politique, cherchez les compromis, levez les obstacles et établissez sans retard un gouvernement d'union nationale", a repris M. Ban.

"Les parties doivent savoir que la responsabilité ne prend pas fin avec la signature d'un accord. De bien des façons, elle commence avec la signature d'un accord et il est temps de l'exercer", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général, qui a également plaidé auprès de ses interlocuteurs pour que la liberté de mouvement des ONG soit garantie, a annoncé que les Nations unies allaient débloquer 21 millions de dollars (19 MEUR) au titre de l'aide humanitaire pour le pays.

L'attaque des 17 et 18 février sur le camp onusien de déplacés de Malakal, la capitale de l'Etat du Haut-Nil (nord-est), a également été évoquée lors de ces discussions.

Il a été convenu que "le gouvernement et la Minuss (Mission de l'ONU au Soudan du Sud) mènerait chacun une enquête", a indiqué le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères Barnaba Marial Benjamin.

Au moins 18 personnes avaient été tuées dans l'assaut sur ce camp, dans lequel avaient trouvé refuge plus de 47.500 personnes, soit un quart des 200.000 civils réfugiés dans les six bases onusiennes du pays.

Selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), des soldats de l'armée gouvernementale sud-soudanaise auraient été impliqués dans cette attaque.

Le Soudan du Sud est devenu indépendant en juillet 2011, après des décennies de conflit avec Khartoum. La guerre civile a éclaté en décembre 2013 à Juba, lorsque le président Kiir a accusé M. Machar, de fomenter un coup d'État.

Plus de 2,3 millions de personnes ont été chassées de chez elles et des dizaines de milliers tuées par la guerre et les atrocités dont les deux camps se sont rendus coupables.

Les combats se poursuivent entre l'armée régulière et différents groupes rebelles, souvent mus par des intérêts locaux et qui ne se sentent pas soumis aux accords écrits.

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