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22/02/2016 07:29 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Une année de tous les possibles pour De Grasse, croit Bruny Surin

La notoriété, les commanditaires, les Jeux olympiques... Andre De Grasse doit vivre avec une nouvelle pression en 2016. L'année faste que plusieurs lui prédisent se jouera en grande partie dans sa tête, croit Bruny Surin, qui lui souhaite tous les succès, comme de battre son record canadien au 100 m.

Un texte de Guillaume Boucher

« Je lui souhaite la meilleure des chances. Mais cette année, ce ne sera pas la même game que l'an dernier. »

L'année 2016 a bien commencé pour Andre De Grasse, gagnant du 60 m des Millrose Games à sa première course professionnelle, mais elle est remplie de pièges, croit Bruny Surin.

Au-delà des attentes sportives, immenses après ses médailles d'or sur 100 et 200 m aux Jeux panaméricains et de bronze sur 100 m aux Championnats du monde, il y a celle du nouveau commanditaire, Puma, avec lequel il a signé un contrat de 11,25 millions de dollars américains.

À 21 ans, l'Ontarien fait maintenant partie de ces coureurs desquels on attend de bons résultats.

Les millions de Puma sont une bonne pression, a dit Andre De Grasse, qui semble bien vivre avec sa nouvelle notoriété. Il joue la carte de la confiance, du coureur aussi fort en piste que dans sa tête. C'est la bonne carte à jouer, croit Bruny Surin.

« J'ai vu une entrevue d'Andre De Grasse qui m'a fait rire, se souvient Bruny Surin. J'étais content qu'il parle avec une telle confiance. Quand Usain Bolt est arrivé, plusieurs sprinteurs se sont découragés. Lui, il a dit qu'il voulait le battre : "Si lui est là, je vais aller là aussi, même encore plus haut." Ayoye! »

Si cette force psychologique se confirme, tout est possible pour De Grasse à Rio, croit Bruny Surin. Le médaillé d'or du relais 4 x 100 m des Jeux olympiques d'Atlanta le voit avec une médaille. Et aucune couleur ne lui est inaccessible, ajoute-t-il.

Pas jaloux de son record

9,84 secondes. C'est le meilleur chrono de Bruny Surin sur 100 m, celui qui lui a permis de décrocher l'argent aux mondiaux de Séville en 1999 et d'égaler la marque canadienne que Donovan Bailey avait établie en 1996 en décrochant l'or aux Jeux olympiques d'Atlanta, record du monde à la clé.

Aucun coureur au pays n'a battu ce 9,84 depuis. Andre De Grasse devrait le faire cette année, pense Bruny Surin, qui s'attendait déjà à le voir briser la marque l'an dernier.

« Si quelqu'un doit le faire, c'est lui », dit-il, pas du tout jaloux et enthousiaste à l'idée qu'il soit battu.

« L'an dernier, quelqu'un m'a dit : "Bruny, tu es safe pour une autre année", se souvient l'ancien sprinteur de 48 ans. Mais je voulais qu'il le batte mon record. Il y a des athlètes qui veulent que leur record tienne pendant 10, 15 ou 20 ans. [...] Dès que j'ai terminé ma carrière, j'espérais qu'un Québécois batte mon record et j'étais prêt à lui donner des conseils. Je venais ici (au Complexe sportif Claude-Robillard) et je parlais aux jeunes. »