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22/02/2016 09:26 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Syrie: cessez-le-feu annoncé pour samedi, les combats continuent

Washington et Moscou ont annoncé lundi l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu samedi en Syrie, où des combats faisaient rage lundi près d'Alep au lendemain de l'attentat jihadiste le plus meurtrier en près de cinq ans de guerre.

Cette trêve entrera en vigueur samedi à 00H00 heure de Damas (22H00 GMT vendredi), selon un communiqué conjoint des Etats-Unis et de la Russie diffusé par le Département d'Etat.

L'interruption des hostilités ne concernera pas le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, d'après ce communiqué qui stipule aussi que les parties ont jusqu'à vendredi 12H00 locales (10H00 GMT) pour faire part de leur adhésion.

A Ryad, où des groupes clés de l'opposition syrienne étaient de nouveau réunis lundi, un porte parole du Haut comité des négociations (HCN) a indiqué à l'AFP que "les rebelles (étaient) en train d'étudier l'accord (de cessez-le-feu)".

"Nous en discutons avec l'envoyé spécial américain pour la Syrie, Michael Ratney", a affirmé Riad Naasan Agha.

Le secrétaire général de l'ONU a salué l'annonce américano-russe comme un "signe d'espoir pour la population syrienne". Ban Ki-moon a aussi "exhorté les parties prenantes à (le) respecter", ajoutant qu'il "reste beaucoup de travail à faire pour l'appliquer".

- 'Toujours puissants' -

Cette proposition de trêve intervient près de trois semaines après l'échec de négociations de paix intersyriennes à Genève et au lendemain d'une vague d'attentats revendiqués par l'EI, à Homs (centre) contre des alaouites, et près de Damas contre des chiites, deux communautés "mécréantes" à ses yeux.

Le double attentat suicide perpétré à 400 mètres du mausolée de Sayeda Zeinab, honni par les jihadistes sunnites et lieu sacré à défendre pour les chiites, a fait 134 morts, dont 97 civils selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), dont 90 civils.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier depuis le début en mars 2011 du conflit en Syrie, qui a fait plus de 260.000 morts et poussé à la fuite plus de la moitié de la population du pays.

Il a été mené quelques heures après une double attaque à la voiture piégée, également revendiquée par l'EI, dans un quartier à majorité alaouite à Homs, qui a fait 64 morts selon l'OSDH.

L'EI est en guerre contre les alaouites, communauté issue du chiisme et à laquelle appartient le président syrien Bachar al-Assad, et contre le Hezbollah libanais et l'Iran chiites, venus prêter main forte au régime syrien.

Par cette double opération sanglante et en coupant, lundi avec d'autres jihadistes une route vitale permettant au régime d'accéder à la ville septentrionale d'Alep, l'EI a voulu montrer que ses récents revers face à l'armée et aux kurdes n'avaient pas entamé sa capacité d'action.

D'après le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, les jihadistes de l'EI, visés à la fois par les frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis et par les raids russes, "veulent envoyer un message pour montrer qu'ils sont toujours puissants malgré les frappes".

L'EI a par ailleurs libéré les 42 derniers des 220 chrétiens assyriens qu'il avait kidnappés en février 2015 lors d'une attaque dans l'est du pays, selon l'Observatoire assyrien des droits de l'homme.

Pour la Russie, alliée indéfectible du régime Assad, les attentats de l'EI n'ont d'autre objectif que de torpiller "les tentatives pour trouver un règlement politique de long terme à la crise (...) et les efforts pour mettre fin au bain de sang".

Dans un communiqué, les Affaires étrangères russes ont souligné la nécessité de "solidement bloquer" les tentatives de l'EI, d'Al-Nosra et "d'autres groupes terroristes" "d'aggraver encore la situation en Syrie" et dans les pays voisins en provoquant des tensions confessionnelles.

- 'Atrocités persistantes' -

Tous les efforts en vue d'un cessez-le-feu ont jusque-là échoué, les multiples protagonistes sur le terrain voulant à tout prix éliminer l'un l'autre, en plus des profondes divisions internationales et de la montée en puissance de l'EI et d'Al-Nosra.

Une trêve censée entrer en vigueur vendredi dernier conformément à un accord international parrainé par Moscou et Washington avait été complètement ignorée.

Pour sa part, la Commission d'enquête de l'ONU dans son dernier rapport remis lundi, a recommandé de faire de la justice un élément essentiel du processus de paix pour ce pays en guerre.

"Alors que la guerre entre dans sa sixième année, les atrocités sont omniprésentes et persistantes", peut-on lire dans le document. "Les premières victimes" restent les civils, qui sont souvent la cible d'attaques délibérées par l'ensemble des belligérants.

Déclenché par une répression brutale de manifestations pacifiques proréformes, le conflit en Syrie s'est transformé en guerre complexe impliquant des puissances internationales et régionales, qui a provoqué un désastre humanitaire.

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