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22/02/2016 01:45 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Migrants: les groupes d'autodéfense essaiment en Europe du Nord

Des groupes d'autodéfense baptisés les Soldats d'Odin ont patrouillé ce week-end les rues de villes norvégiennes, montrant que le mouvement apparu en Finlande essaime en Europe du Nord à la faveur de la crise migratoire.

Plusieurs dizaines d'hommes, certains vêtus de bombers noirs frappés d'un logo censé représenter un casque de viking, se sont rassemblés samedi soir dans des villes comme Stavanger, Drammen et Kristiansand, a indiqué le groupe lundi.

"Nous souhaitons que les rues soient sûres, nous souhaitons nous débarrasser de la délinquance que nous observons aujourd'hui en Norvège où la police n'arrive pas à faire front", a déclaré son porte-parole, Ronny Alte, à l'AFP. "On y vend de la drogue, les filles y sont victimes d'attouchements, il y a des agressions et de la violence".

Le groupe, qui a aussi des ramifications au Danemark et en Suède, est calqué sur un mouvement proche de l'extrême droite fondé l'an dernier en Finlande.

M. Alte, un ancien des groupes islamophobes Norwegian Defence League et Pegida, a toutefois affirmé qu'"il représente tout le spectre politique" et qu'il vient en aide à tous, sans distinction.

"Mais une partie importante de la criminalité sur laquelle nous nous concentrons est due à l'immigration illégale en Norvège après que l'Europe a ouvert en grand ses frontières", a-t-il précisé.

La police norvégienne se dit "globalement sceptique à l'égard de groupes comme les Soldats d'Odin".

"L'usage de noms (Odin est le dieu de la guerre dans la mythologie nordique, ndlr) et symboles, et le fait que plusieurs membres du groupe aient des liens avec des milieux criminels, cimentent ce scepticisme", a expliqué à l'AFP Atle Roll-Matthiesen, un haut responsable de la Direction de la police.

"Il n'est pas acceptable que des groupes agissent ou donnent l'impression d'être d'une forme d'autodéfense citoyenne (...) Seule la police est habilitée à exercer l'autorité policière", a-t-il ajouté.

A Drammen, la police a contrôlé samedi les membres de la patrouille pour relever leur identité et vérifier qu'ils n'avaient pas d'armes. A Kristiansand, les "soldats" n'ont été autorisés qu'à distribuer du café et des pâtisseries.

Dans un rapport annuel publié le 9 février, les services de renseignement norvégien (PST) ont estimé que "la menace des milieux d'extrême droite s'accroît en Norvège" à la faveur de la crise migratoire.

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