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22/02/2016 04:52 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Ligue des Champions - La Juventus attend encore le Pogba version C1

Monté en puissance après un début de saison moyen, à l'image de son équipe, Paul Pogba semble aujourd'hui proche de son meilleur niveau et doit maintenant être un atout pour la Juventus Turin en Ligue des champions, dès mardi en 8e de finale aller face au Bayern Munich.

C'est comme si Pogba assumait désormais son N.10 et les responsabilités qui vont avec. En demandant à l'intersaison à récupérer ce maillot prestigieux, celui de Platini, Del Piero ou Baggio, le Français acceptait symboliquement de devenir le leader technique de cette Juventus privée de Pirlo, Tevez (autre porteur du 10) et Vidal.

A 22 ans, cela n'allait pas de soi et la première partie de saison de Pogba a été irrégulière, encore marquée par quelques sautes de concentration, des agacements, des péchés de gourmandise.

Pendant ce temps, sa vie de star suivait son cours, entre commentaires de ses coupes de cheveux ou de la veste portée lors de la cérémonie du Ballon d'Or, décryptage de sa +dab dance+ et quelques sorties médiatiques convenues - "Je veux tout gagner, le Ballon d'Or, la Ligue des Champions et la Coupe du Monde", "Guardiola est un grand entraîneur" etc.-

Mais au coeur de la formidable série de 15 victoires d'affilée de la Juventus, seulement interrompue vendredi dernier par un nul 0-0 à Bologne, Pogba est progressivement devenu le patron du jeu turinois et a réellement pris les rênes, justifiant ce pesant N.10 qu'il avait un temps camouflé en y ajoutant au feutre un mystérieux "+5".

S'il n'a pas encore marqué cette saison en Ligue des Champions, Pogba affiche d'ailleurs des statistiques satisfaisantes après 25 journées de championnat, avec cinq buts et cinq passes décisives (contre huit buts et deux passes pour l'ensemble de la saison dernière).

- le Pogba de Vérone -

Un match a plus que les autres illustré cette montée en régime, celui du 31 janvier quand la Juventus est allée détruire le Chievo 4-0 à Vérone.

Cette après-midi là, Pogba avait réussi un vrai match de champion, de "fuoriclasse", de ceux que les tifosi turinois l'espèrent voir rééditer face au Bayern mardi.

Un but, une passe décisive, un contrôle d'une classe folle enchaîné d'une frappe terrible sur la barre, seul obstacle à un pur chef d'oeuvre: "Monstrueux" avait tranché La Gazzetta dello Sport.

Toujours dans le coeur du jeu, toujours porté vers l'avant et le geste utile, sans approximation ni orgueil mal placé, l'ancien Havrais avait à Vérone gommé toutes les scories qui polluent encore parfois son jeu.

A la fin du match, les télévisions italiennes avaient montré des images de sa sortie du terrain, une grappe de ramasseurs de ballons se disputant ses crampons autour d'un Pogba hilare.

En Italie, même les ramasseurs de ballons sont de vrais connaisseurs: le Pogba que la Juve attend contre le Bayern, c'est le Pogba de Vérone.

stt/dhe