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22/02/2016 06:36 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Lance Stroll dans le garage Williams à Barcelone

Après avoir tourné pour Chip Ganassi à la fin janvier à Daytona, lors des 24 heures, le Canadien Lance Stroll suit de près les essais F1 en Espagne.

Un texte de Philippe Crépeau

En entrevue à Radio-Canada Sports, le jeune pilote du Québec est revenu sur son travail à Daytona et sur sa collaboration avec l'équipe Williams, dont il est pilote de développement.

« Je compte aller à une des journées d'essais à Barcelone, a expliqué Stroll au bout du fil, de Genève où il habite. Je vais mettre les écouteurs, je vais pouvoir écouter les pilotes, ce qu'ils disent.

« C'est sûr qu'il y a des façons de travailler en F1 avec lesquelles je ne suis pas habitué en F3. C'est la première fois que je vais voir comment ça marche vraiment dans une équipe de F1. »

Chez Williams, Stroll retrouvera son coéquipier des 24 Heures de Daytona, l'Autrichien Alexander Wurz, ancien pilote F1 chez Benetton, McLaren, Williams et Honda (à titre de pilote d'essais).

Wurz est également directeur de l'Assocation des pilotes de F1 (GPDA) et très impliqué dans les dossiers et les discussions avec la FIA au sujet de la sécurité.

« Comme nous étions coéquipiers, nous avons jasé pas mal, explique Stroll. Des trucs de F1, comment ça va se passer, car on va travailler ensemble chez Williams.

« Il est consultant de l'équipe, et c'est bien de parler avec lui, car il a beaucoup d'expérience, il est intelligent, il connaît bien la F1 et Williams. »

Soutenu par Williams, Stroll, âgé de 17 ans, entame en 2016 sa première saison complète de F3 avec la meilleure équipe du plateau, Prema (qui utilise des moteurs Mercedes-Benz).

Il est arrivé en cours de saison l'an dernier, a gagné une course et a fini 5e au classement.

C'est long 24 heures

Avant de commencer sa préparation pour la saison de F3, Stroll a accepté le défi de participer aux 24 Heures de Daytona. Il a obtenu un volant dans la deuxieme auto de l'équipe de Chip Ganassi aux 24 heures de Daytona.

Une catégorie auto (endurance) et une voiture (Ford) qu'ils ne connaissaient pas. L'équipage dont il faisait partie a fini au 5e rang du classement général, et son travail a été salué.

« J'étais un peu inquiet, car je n'ai pas eu beaucoup de temps dans la voiture pour m'habituer. C'était une super expérience. J'espère faire un autre 24 heures à l'avenir, car j'ai vraiment aimé ça.

« Dans la course, j'ai appris beaucoup, car j'ai fait trois sorties d'environ 2 heures 30 chaque fois. Après tous ces kilomètres, c'était de plus en plus facile. Mais ce qui m'a surpris, c'est tellement long, admet-il en riant. Et à chaque tour, il faut pousser et être vite. L'équipe doit être parfaite lors des arrêts aux puits, et les pilotes doivent être à 100 %. »

« Je suis content que tout se soit bien passé pour moi, car c'était un gros défi pour moi. J'ai bien écouté mes coéquipiers et l'équipe, et après, j'ai fait un bon job », affirme-t-il.

Stroll, qui est habitué à des courses de 45 minutes en F3, a tourné pendant 8 heures en l'espace de 24 heures. 

« J'ai eu des courbatures après ma course de 24 heures, révèle-t-il. J'ai eu des douleurs à ma jambe de freinage, à gauche, alors j'ai dû faire une petite pause pendant deux, trois jours. »

Des problèmes techniques, notamment de boîte de vitesses, ont ralenti l'équipage.

« Je suis un peu déçu du résultat, admet le jeune Canadien. Cinquième, c'est pas terrible, on aurait pu faire mieux, on avait une bonne chance de monter sur le podium, mais notre voiture a eu des problèmes.

« Chip Ganassi aussi était déçu du résultat de l'équipe, mais il a été content de mon travail, et si je pouvais faire la course l'an prochain, ce serait cool. »

Les études, une priorité

Dès le lendemain, Lance Stroll était de retour à Genève, la tête à sa saison de F3, son travail de développement avec Williams et ses études secondaires.

« En ce moment, je continue mes études par correspondance. C'est un défi. Je n'ai pas encore mon secondaire, et à 17 ans, les études, c'est important, c'est important de le finir. Mais il n'y a pas beaucoup de temps dans la journée.

« J'étudie pour passer un test qui s'intitule GED [general education diploma], précise-t-il, qui me donnera mon diplôme de secondaire et qui me permettra de rentrer dans de bonnes universités.

« J'espère pouvoir passer mon examen avant l'été, et obtenir mon diplôme. »

Lance Stroll n'a pas encore fait d'essais en piste pour sa saison de F3. Le règlement impose une limite de six jours d'essais hors saison.

« En attendant, je fais du travail physique et du travail mental dans la mind room. C'est un système qu'utilisent les athlètes olympiques qui aide à contrôler le stress, à rester dans la zone, à bien respirer.

« Ça aide aussi à bloquer toutes les distractions des autres choses, car il y a beaucoup de monde autour de moi les week-ends de course. ».

Une préparation optimale pour Lance Stroll qui, parallèlement à son travail en F3, travaillera à l'usine de l'équipe Williams dans le simulateur F1 et suivra l'équipe britannique à certains Grands Prix. Une année chargée en perspective. 

Le pilote canadien commencera sa saison de F3 le premier week-end d'avril au circuit du Castellet en France.