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22/02/2016 12:21 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

L'offre aux fonds vautours : déjà "un énorme effort" de l'Argentine (Macri à l'AFP)

L'Argentine est déterminée à "trouver un accord avec tous les fonds" détenteurs de sa dette, mais a déjà fait "un énorme effort" avec son offre de remboursement, prévient le président Mauricio Macri dans un entretien avec l'AFP.

"Nous avons l'impression d'avoir fait un énorme effort. Nous avons fait montre de sérieux et de cohérence pour en terminer avec ce conflit. Nous sommes parvenus à un accord avec beaucoup de fonds vautours, et le juge en a tenu compte", a déclaré Mauricio Macri, arrivé au pouvoir le 10 décembre à la tête d'une coalition de centre droit.

Environ 50.000 créanciers italiens ont accepté la proposition de Buenos Aires et consenti une décote de près de 50%, l'accord prévoyant le paiement de 1,35 milliard de dollars.

L'Argentine est désormais prête à verser à l'ensemble des fonds vautours (détenant 7% de sa dette) la somme globale de 6,5 milliards de dollars, ce qui reviendrait pour les créanciers à accepter une décote de 25%.

"Notre but est de trouver un accord avec tous les fonds, assure M. Macri. Jusqu'ici, nous avons conclu un accord avec une majorité importante (des créanciers) et je continue d'être optimiste".

Mauricio Macri n'a pas la majorité dans les deux chambres du Parlement, mais pense obtenir une large adhésion à la proposition de son gouvernement pour mettre fin à ce litige qui dure depuis la crise économique de 2001/2002.

"Les gouverneurs (des provinces qui exercent une forte influence au Congrès) partagent avec le gouvernement l'envie de mettre fin aux conflits et que le pays puisse accéder à des financements pour réaliser les projets ambitieux dont l'objectif est d'éliminer la pauvreté".

Alors que l'économie argentine flirte avec la récession depuis deux ans, le nouveau gouvernement a entamé des réformes pour relancer la 3e économie d'Amérique latine et juguler une inflation endémique (30% en 2015), une priorité de son mandat de quatre ans.

- Diplomatie du football -

Après une dévaluation de 40% du peso argentin ces derniers mois, un allègement de l'imposition de la classe moyenne et l'imminence du train annuel de hausses de salaires, "il n'y a pas de mesures anti-inflationnaires de prévues. Lutter contre l'inflation est un engagement de tous les jours", affirme le chef de l'Etat argentin.

Son objectif est d'enregistrer un ralentissement de l'inflation au second semestre 2016, puis de la faire passer sous la barre des 10% d'ici à 2019.

Au sujet du Traité de libre-échange UE-Mercosur, freiné par des désaccords au sein du bloc sud-américain, l'Argentine veut jouer un rôle moteur dans les pourparlers : "Nous espérons que la France nous accompagnera car le chapitre qui complique la négociation est le chapitre agricole, et la France détient la clé".

Pour Mauricio Macri, il n'y a ni droite, ni gauche au XXIe siècle, il y a les dirigeants qui "trouvent des solutions pour que les gens vivent mieux et ceux qui échouent".

Pour se situer politiquement, il fait part de sa proximité avec d'anciens chefs d'Etat d'horizons divers : le démocrate américain Bill Clinton, le Brésilien Fernando Cardoso ou le Colombien Alvaro Uribe, "qui ont apporté des transformations intéressantes".

Fils d'un Italien qui a fait fortune en Argentine, Mauricio Macri, 57 ans, a constitué un gouvernement rassemblant hommes politiques et dirigeants de grandes entreprises.

Sous sa présidence, l'Argentine continue de revendiquer les Malouines, archipel britannique de l'Atlantique sud découvert par des pêcheurs de Saint-Malo (Bretagne) : "En dialoguant, comme je l'ai dit au Premier ministre britannique David Cameron. Nous ne renonçons pas à ce que nous considérons comme une demande légitime".

Après le président du Conseil italien Matteo Renzi la semaine dernière, et le président français François Hollande mercredi et jeudi, le président américain Barack Obama se rendra à Buenos Aires les 23 et 24 mars.

Les temps changent. Pendant les années où les époux Kirchner ont été au pouvoir, de 2003 à 2015, l'Argentine était plus habituée à recevoir la visite du Vénézuélien Hugo Chavez, du Bolivien Evo Morales ou des dirigeants chinois.

Le visage de Mauricio Macri, ex-président du club de Boca Juniors, s'illumine quand on parle de football. Dans la diplomatie, "il permet de jeter des ponts", fait-il remarquer.

Au lendemain de la rencontre protocolaire au palais présidentiel, il accueillera jeudi matin à la Bombonera, le stade de Boca Juniors, François Hollande qui sera accompagné du footballeur franco-argentin David Trezeguet.

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