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22/02/2016 08:02 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

L'agence policière Europol s'attaque au trafic de migrants

LA HAYE, Pays-Bas — L'agence policière Europol a inauguré lundi un nouveau centre qui luttera spécifiquement contre le trafic de migrants.

Ce centre s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par l'Union européenne pour contrer la marée humaine qui déferle sur le continent, alors que des centaines de milliers de réfugiés fuient la pauvreté et les conflits.

Le directeur d'Europol, Rob Wainwright, a déclaré que le trafic de migrants est «l'activité criminelle ayant la plus forte croissance en Europe». Son organisation estime que 90 pour cent des demandeurs d'asile en Europe ont eu recours à des passeurs.

Le nouveau centre installé au quartier-général d'Europol, à La Haye, aidera les membres de l'Union européenne à améliorer leurs échanges d'informations et la coordination des opérations.

M. Wainwright a aussi révélé qu'on discute d'une plus grande coopération avec la Turquie, d'où part la vaste majorité des migrants qui veulent rejoindre l'Europe.

Un rapport d'Europol estime que les réseaux criminels de passeurs ont généré des revenus de trois à six milliards d'euros l'an dernier, quand plus d'un million de migrants sont débarqués en Europe. L'agence policière a collaboré à plus de 1550 enquêtes transfrontalières portant sur des réseaux de passeurs l'année dernière.

Les passeurs fournissent aux migrants le transport et les faux papiers dont ils ont besoin pour rejoindre l'Europe. Ils les font aussi parfois travailler pour rembourser le coût de leur passage.

Le commissaire européen à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos, a déclaré qu'une collaboration plus étroite entre Europol et l'agence frontalière Frontex aidera aussi à combattre les réseaux de passeurs, mais il a prévenu que les États européens devront eux aussi faire leur part.

«Le centre ne pourra lutter contre les passeurs que si les forces policières nationales partagent des informations de qualité», a-t-il dit.

Par ailleurs, la Grèce a prévenu lundi qu'elle s'attend à une augmentation du nombre de migrants coincés sur son territoire, après que la Macédoine ait annoncé son intention de restreindre le nombre de réfugiés qu'elle laisse entrer chez elle. La Macédoine a pris cette décision dans la foulée de mesures identiques annoncées par la Serbie, la Croatie et la Slovénie — qui, au cours des derniers jours, ont renvoyé en Macédoine quelque 600 Afghans qui seraient en réalité des «réfugiés économiques».

Un dirigeant grec a de nouveau dénoncé l'impassivité de l'Union européenne dans ce dossier.

Au moins 2000 personnes sont coincées dans des camps de la ville grecque d'Idomeni, le long de la frontière avec la Macédoine. Des échauffourées sans gravité ont éclaté quand certains ont tenté d'entrer de force en Macédoine.