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22/02/2016 05:26 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

L'Agence internationale de l’énergie ne prédit aucun rebond du pétrole avant 2017

PARIS — Une surabondance de pétrole empêchera tout rebond des cours du brut avant le début de l'an prochain, a prévenu lundi l'Agence internationale de l’énergie, soit nettement plus tard que ce qui avait tout d'abord été prédit.

L'agence parisienne prévoyait il y a un an une reprise «relativement rapide». Le cours du brut a plutôt continué à chuter pour atteindre des niveaux jamais vus depuis 2003, écrit l'AEI dans un rapport dévoilé lundi.

Le pétrole brut nord-américain pour livraison en mars bondissait toutefois de 6 pour cent à 30 $ US le baril à New York, lundi matin.

Le patron de l'AEI, Fatih Birol, a expliqué que la «volatilité extraordinaire» des marchés pétroliers rend les prédictions «plus difficiles que jamais». Il ajoute toutefois que l'analyse trouve «peu probable» toute hausse importante des prix à court terme.

L'agence explique dans son rapport que l'offre de pétrole est en pleine hausse en raison de la poussée des cours boursiers depuis trois ans, un phénomène constaté pour la dernière fois au milieu des années 1990.

Le cours du pétrole s'est effondré de 70 pour cent depuis le début de 2014. Cette dégringolade a entraîné une réduction importante des dépenses d'exploration et de production. Les dépenses d'immobilisation ont plongé de 24 pour cent depuis un an et devraient reculer d'un autre 17 pour cent cette année; ce serait la première fois depuis 1986 qu'un déclin serait mesuré deux années de suite.

L'AEI prévient également que la production pétrolière canadienne pourrait ralentir, voire «s'immobiliser», quand les projets actuellement en construction auront été complétés.

L'agence évoque notamment des préoccupations environnementales plus importantes, un manque de pipelines pour rejoindre les nouveaux marchés et l'impact inconnu de l'élection d'un gouvernement néo-démocrate en Alberta l'an dernier. Ces facteurs, dit-elle, engendrent un ralentissement des investissements.

Elle dit que la production des sables bitumineux devrait progresser de 800 000 barils/jour d'ici cinq ans, en dépit des coûts élevés d'investissement et d'exploitation.

L'AEI prédit que, d'ici 2021, la production pétrolière canadienne sera en moyenne de 5,2 millions de barils/jour, dont 3,4 millions de barils/jour de bitume extrait en Alberta.