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22/02/2016 08:18 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

France: le gouvernement ne veut pas passer en force avec sa réforme du droit du travail

Le gouvernement français a assuré lundi ne pas vouloir faire passer en force sa réforme controversée du droit du travail, alors que les syndicats commencent à organiser la riposte.

Le Premier ministre socialiste a déploré les "bêtises écrites ici ou là" sur le texte, à l'issue d'une visite dans une usine de l'est de la France. "C'est une réforme indispensable", a martelé Manuel Valls, assurant que la méthode du gouvernement passerait par le "débat" et la "discussion".

A ses côtés, la ministre du Travail Myriam El Khomri a jugé "ni souhaitable, ni nécessaire" le recours à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet d'engager la responsabilité du gouvernement pour faire adopter un texte sans vote des parlementaires.

De récentes déclarations de la ministre avaient laissé penser que le gouvernement envisageait cette possibilité, déjà utilisée en 2015 pour une autre réforme d'inspiration social-libérale.

La réforme du droit du travail est l'une des dernières grandes réformes du quinquennat du président François Hollande avant l'élection présidentielle de 2017. Selon lui, elle vise à instaurer "une flexi-sécurité à la française", en apportant davantage de "souplesse" aux entreprises en matière d'embauche et de licenciement, tout en maintenant la sécurité des salariés.

L'aménagement du temps de travail ou le taux de rémunération des heures supplémentaires, toujours encadrés par la loi, seront par exemple décidés par des accords d'entreprises.

Les licenciements pour motifs économiques seront facilités. L'objectif est de lever la peur de l'embauche chez les chefs d'entreprise, dans le contexte actuel marqué par un chômage de plus de 10%.

François Hollande a fait de la baisse du chômage la condition de sa candidature pour un second mandat. Or depuis son élection en mai 2012, les demandeurs d'emploi sont passés de 4,4 millions à 5,5 millions.

Salué par le patronat, le projet fait grincer des dents à gauche, au sein même du gouvernement.

"Il ne faut pas être sourd ni aveugle, on voit bien la montée des objections", a notamment déclaré la minsitre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui souhaite "trouver le juste équilibre" entre flexibilité et sécurité.

Du côté syndical, la mobilisation s'organise. Le syndicat contestataire CGT a convié neuf syndicats mardi, afin d'échanger sur "l'analyse de la situation sociale, économique et politique" de la France.

Une pétition, intitulée "Loi Travail: non merci", avait recueilli plus de 200.000 signatures lundi à la mi-journée.

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