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22/02/2016 02:08 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Election Fifa - Jérôme Champagne, ancien diplomate et proche de Blatter

Ancien diplomate, le Français Jérôme Champagne connaît bien la Fifa où il a passé 11 ans, après avoir été recruté par Sepp Blatter, mais il n'a "pas honte" de ce long bail car "pour mener les réformes, il faut connaître l'institution de l'intérieur".

Fils d'un père professeur de voile et lui-même passionné par la Coupe de l'America, Jérôme Champagne, 57 ans, l'est d'abord et avant tout par le football. Au point d'avoir pigé au magazine France football durant ses études à Sciences-Po et à l'Institut des Langues et civilisations orientales (Inalco) à Paris.

Supporteur des "Verts", il aime à raconter qu'il était présent à Glasgow le soir de la finale de Coupe des clubs champions perdue (1-0) face au Bayern Munich en 1976. Mais aujourd'hui il vibre surtout devant les exploits de Messi et Suarez, en tant que "socio" du Barça.

En 1983, cet amoureux d'histoire embrasse une carrière de diplomate et ses différentes affectations le conduisent à Oman, Cuba et au Brésil, où le ministre des Sports d'alors, un certain Pelé, le fait officier de l'ordre national de la Croix du Sud. Le même "roi Pelé" qui lui a apporté officiellement son soutien pour l'élection de vendredi, face à ses quatre concurrents.

Avant cela, consul général à Los Angeles durant la Coupe du monde américaine de 1994, il avait fait la connaissance des responsables du futur Mondial français, et c'est lui qui se voit confier le rôle de chef du protocole du Comité d'organisation de la Coupe du monde 1998.

- 'Blatter a fait du bien au foot' -

Sepp Blatter l'appelle ensuite à la Fifa pour devenir son conseiller international, avant de le nommer secrétaire général adjoint (de 2002 à 2005) puis directeur des relations internationales.

Avoir fait partie de la garde rapprochée de Blatter, suspendu 8 ans et mis en examen par la justice suisse, n'est-il pas un handicap ? "Michel Platini a été élu président de l'UEFA en 2007 grâce à M. Blatter. Comme le prince Ali au comité exécutif en 2011 et le cheikh Salman à la présidence de l'AFC", a-t-il répondu récemment au quotidien Le Figaro. "Ils sont assez mal venus d'accuser aujourd'hui Sepp Blatter de tous les maux, alors que si la Fifa connaît de sérieux soucis, c'est une responsabilité collective au niveau du comité exécutif", a-t-il ajouté, avant d'enfoncer le clou: "Je n'ai pas changé d'avis depuis le début. Sepp Blatter a fait du bien au football".

Champagne, qui n'a pas reçu le soutien de la Fédération française, n'a que très peu de chances de donner tort aux pronostics qui font du cheikh Salman et de Gianni Infantino les deux favoris de l'élection de vendredi.

Promettant d'augmenter l'aide au développement pour les fédérations les plus démunies, tout en contenant les dépenses, il affirme être "le seul (candidat) qui met le thème des inégalités au centre de ce que devrait être la politique de la Fifa".

Celui qui continue à conseiller la Fédération palestinienne de football et celle du Kosovo croit-il vraiment en ses chances ?

"C'est une élection très ouverte, assure-t-il. Rien n'est joué".

ebe/ol/jcp