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22/02/2016 07:54 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Egypte: le ministre de l'Intérieur s'excuse pour les abus policiers

Le ministre égyptien de l'Intérieur s'est excusé lundi pour des abus commis par la police, quelques jours après qu'un policier a tué un chauffeur lors d'une dispute, provoquant un tollé dans l'opinion publique.

Magdy Abdel Ghaffar a aussi affirmé que les autorités faisaient de "grands efforts" pour faire la lumière sur la mort sous la torture au Caire de l'étudiant italien Giulio Regeni.

"Nous nous excusons pour chaque citoyen qui a été insulté", a dit le ministre dans une conférence de presse diffusée par la télévision d'Etat.

"Nous nous excusons pour les actes commis par certains policiers et auprès de chaque citoyen qui a fait l'objet d'une exaction et ou d'une quelconque insulte de la police", a répété M. Abdel Ghaffar.

Des manifestations ont eu lieu vendredi près du siège de la Direction de la police du Caire au lendemain de la mort de Mohamed Ismaïl, abattu par un policier à la suite d'une altercation. De nombreux Egyptiens ont par ailleurs dénoncé ce nouvel acte de violences policières sur les réseaux sociaux.

Le président Abdel Fattah al-Sissi, accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme de diriger un régime très répressif, a promis de faire amender la loi pour durcir les sanctions contre les policiers auteurs d'abus.

Dimanche, le parquet a annoncé que le policier en question, Mustapha Mahmoud, sera jugé pour meurtre avec préméditation.

Les abus policiers ont été l'un des facteurs déclenchant de la révolte populaire qui mit fin au régime de Hosni Moubarak début 2011 mais ces pratiques sont redevenues monnaie courante sous M. Sissi.

M. Abdel Ghaffar a parallèlement affirmé que les autorités faisaient des "grands efforts pour éclaircir la mort mystérieuse" de Giulio Regeni. Disparu le 25 janvier au Caire, le corps mutilé de cet étudiant italien de 28 ans avait été retrouvé le 3 février dans un fossé.

Des défenseurs des droits de l'Homme et des opposants affirment que Giulio Regeni, qui faisait une thèse sur les mouvements et syndicats ouvriers égyptiens, a été arrêté par la police ou les renseignements égyptiens qui l'ont torturé pour obtenir des informations.

Les milieux diplomatiques et la presse italienne penchent aussi pour cette thèse, rejetée par le Caire.

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