NOUVELLES
22/02/2016 09:29 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Canada: croissance économique en baisse, déficits en hausse (ministre)

Le Canada, frappé de plein fouet par la chute des prix du pétrole, connaît un ralentissement économique plus marqué que prévu, ce qui va gonfler les déficits budgétaires de l'Etat dans les prochaines années, a prévenu lundi le ministre des Finances, Bill Morneau.

Les économistes du secteur privé ont ramené de 2% à 1,4% la croissance moyenne prévue de l'économie canadienne en 2016, a dit M. Morneau en faisant le point avant la présentation du budget de l'Etat le 22 mars prochain.

Le ministre des Finances tient compte de ces prévisions du secteur privé dans l'élaboration du budget.

Ces mêmes économistes, a ajouté M. Morneau, ont également révisé à la baisse le prix moyen du baril de pétrole pour cette année à 40 dollars, contre 54 dollars en novembre dernier.

Résultat, le déficit devrait atteindre 18,4 milliards de dollars canadiens (12,2 milliard d'euros) lors de l'année budgétaire 2016-2017 qui commence le 1er avril, contrairement au déficit de 3,9 milliards prévu par M. Morneau en novembre.

Pour l'année 2017-2018, il table sur un déficit de 15,5 milliards de dollars, alors qu'il l'envisageait à 2,4 milliards en novembre.

"Nous ne partons pas d'une position aussi favorable que nous le pensions", a déclaré M. Morneau lors d'un forum à Ottawa.

"Le Canada a fini l'année 2015 et commencé 2016 sur une note beaucoup plus faible", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre libéral Justin Trudeau a été élu l'automne dernier en promettant de présenter trois budgets déficitaires d'affilée pour soutenir l'économie canadienne, avant le retour à l'équilibre en 2019-2020. Les déficits cumulés devaient totaliser 25 milliards de dollars.

Le déficit prévu équivaut à 0,9% du produit intérieur brut (PIB) pour 2016-2017 et à 0,7% pour l'année suivante.

La chef de l'opposition, Rona Ambrose, a accusé M. Morneau de faire preuve d'"incompétence", disant qu'il avait dilapidé lors de ses 100 premiers jours au pouvoir le petit excédent budgétaire laissé en place par le précédent gouvernement conservateur.

jl/sab/elm