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22/02/2016 03:30 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Cameron à la défense de l'Europe

Le premier ministre britannique, fort de de l'accord arraché à l'Union européenne (UE), affronte lundi les eurosceptiques au parlement. David Cameron est reparti satisfait, vendredi, de Bruxelles, après avoir obtenu un accord attribuant un « statut spécial » pour le Royaume-Uni qui assure aux Britanniques le « meilleur des deux mondes ».

Le premier ministre britannique a donné un aperçu de l'argumentaire qu'il entend présenter pour défendre l'accord lors d'une émission politique du diffuseur public BBC, dimanche.

M. Cameron soutient que les Britanniques n'auront qu'une « illusion de souveraineté » en quittant l'UE. Il ajoute qu'une sortie de l'UE entraînerait « plusieurs années d'incertitude » et qu'« à la fin de ce processus, aucune garantie que nos entreprises auront un accès complet au marché [européen]. »

M. Cameron devra toutefois affronter l'euroscepticisme de certains de ses ministres et de députés de sa propre formation politique, le Parti conservateur.

Cinq ministres - dont le ministre de la Justice, Michael Gove, un ami personnel de M. Cameron - et une secrétaire d'État rejettent l'UE en dépit de l'accord de Bruxelles.

Prétendant à la succession de M. Cameron, le maire de Londres Boris Johnson s'aligne également dans le camp des eurosceptiques.

« Je ferai campagne pour partir » de l'UE, a annoncé Boris Johnson dimanche. « Il ne faut pas confondre les merveilles de l'Europe, les vacances en Europe, la nourriture fantastique et les amitiés, etc. avec un projet politique qui est en marche depuis des décennies et menace maintenant d'échapper au contrôle démocratique », a-t-il déclaré.

M. Johnson met les Britanniques en garde, dans une tribune du quotidien Daily Telegraph, contre les risques d'« érosion de la démocratie » puisqu'un maintien au sein de l'UE engendrerait un désengagement des électeurs.

Il présente le Brexit - une contraction des mots anglais British et Exit pour désigner la sortie du Royaume-Uni de l'UE - comme « une chance unique dans une vie » d'obtenir un « véritable changement » dans les relations du pays avec ses voisins européens.

Une manoeuvre de politique interne ?

Un autre quotidien, le Daily Mail, souligne que l'opposition à l'accord obtenu par M. Cameron au sein de son propre parti s'inscrit dans la tradition conservatrice qui a toujours porté un fond d'euroscepticisme. Une autre publication, l'Independent, y voit également une manœuvre du maire de Londres pour se positionner dans une éventuelle course à la succession de David Cameron à la tête du Parti conservateur.

L'ensemble de la presse britannique estime qu'un tiers de la députation conservatrice pourrait se dresser contre l'option du premier ministre Cameron et militer dans le camp d'une sortie de l'UE.

M. Cameron a toutefois réussi à éviter la défection de la ministre de l'Intérieur, Theresa May - une eurosceptique affichée -, en plus de limiter les défections au sein de son gouvernement.

Le premier sondage mené depuis l'accord obtenu vendredi dernier, réalisé pour le compte du Mail on Sunday, donne 48 % au maintien dans l'UE alors que l'option du Brexit récolte 33 % avec 19 % d'indécis. Les sondages précédents tendaient à démontrer que la sortie de l'UE récoltait plus d'appuis qu'un maintien au sein de l'UE.

Le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne se tiendra le 23 juin prochain.