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22/02/2016 01:56 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Ban Ki-moon attendu au Burundi lundi pour tenter de débloquer la crise

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est attendu lundi après-midi à Bujumbura pour tenter de débloquer la crise dans laquelle est plongé le Burundi depuis près de 10 mois, a-t-on appris auprès des Nations unies.

M. Ban, dont l'arrivée à Bujumbura est prévue à 16H30 (14H30 GMT) en provenance de New York, doit s'entretenir avec le président burundais Pierre Nkurunziza mardi matin. Il aura auparavant rencontré les leaders de partis politiques, des ONG installées au Burundi, ainsi que le ministre des Relations extérieures Alain-Aimé Nyamitwe, selon son programme officiel.

M. Ban doit quitter le Burundi mardi matin pour se rendre en République démocratique du Congo (RDC) voisine, deuxième étape d'une tournée africaine qui le mènera également au Soudan du Sud.

"C'est une visite très importante car on espère que le secrétaire général de l'ONU va peser de tout son poids sur le président Pierre Nkurunziza pour qu'il accepte enfin un dialogue inclusif et sans conditions avec toute son opposition", a expliqué à l'AFP un haut fonctionnaire de l'ONU, sous couvert d'anonymat.

Le secrétaire général des Nations unies devrait également s'entretenir avec le président burundais "des violations massives des droits de l'Homme qu'on observe depuis le début de la crise", a ajouté un diplomate occidental en poste à Bujumbura.

"Nous espérons qu'il parviendra à le convaincre d'accepter une véritable enquête internationale sur ces allégations", a-t-il ajouté.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet. Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise, qui a poussé plus de 240.000 Burundais à l'exil, alors que des milliers d'autres ont été arrêtés et que les forces de l'ordre sont accusées d'exécutions extrajudiciaires.

Bujumbura a multiplié "les gestes de bonne volonté" avant la visite de Ban Ki-moon et celle d'une délégation de chefs d'Etat africains dépêchés par l'Union africaine, attendue plus tard dans la semaine, selon des diplomates.

La justice burundaise a ainsi annulé des mandats d'arrêts internationaux contre quinze personnalités dont plusieurs leaders de l'opposition en exil. La levée de ces mandats pourrait permettre aux responsables de l'opposition de s'asseoir à la table d'éventuels pourparlers.

Bujumbura a accordé vendredi à deux radios privées le droit de réémettre. Le gouvernement a également consenti au "renforcement des observateurs des droits de l'Homme" de l'UA et de l'ONU sur place, selon un diplomate en poste au Burundi.

esd/fal/fra