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22/02/2016 11:24 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Armes chimiques en Syrie: les enquêteurs sur le terrain début mars (ONU)

Un groupe d'experts chargés d'identifier les responsables d'attaques chimiques en Syrie va commencer ses enquêtes sur le terrain début mars, a annoncé lundi l'ONU.

Ce groupe de 24 enquêteurs, baptisé Joint Investigative Mechanism (JIM, mission d'enquête conjointe), a été mis en place en août 2015 après des attaques au chlore contre trois villages syriens qui avaient fait 13 morts.

Il est dirigé par Victoria Gamba, une Argentine spécialiste du désarmement. Le mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité est d'un an mais peut être prolongé.

Selon Mme Gamba, qui a rendu compte de sa mission au Conseil lundi, le JIM --créé par l'ONU et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC)-- a établi une liste de sept cas d'attaques chimiques présumées à examiner en priorité.

Cinq sont dans la province d'Idlib: à Talmenes (21 avril 2014), à Qmenas et Sarmin (16 mars 2015), à Binnish (23 mars 2015) et à Al-Tamanah (29/30 avril et 25/26 mai 2014).

Deux autres concernent les localités de Kafr Zita (gouvernorat de Hama, 11 et 18 avril 2014) et Marea (gouvernorat d'Alep, le 21 août 2015).

Les trois premiers cas sont attribués par les Occidentaux à des largages de gaz de chlore par les forces gouvernementales. A Marea, il s'agirait de gaz moutarde utilisé par le groupe jihadiste Etat islamique.

Le travail de terrain commencera "dans la première semaine de mars", a indiqué à la presse Mme Gamba. Les enquêteurs, divisés en deux groupes travaillant en parallèle, mèneront des entretiens et des "visites de terrain si la sécurité le permet".

Le JIM rendra compte des progrès de son enquête au Conseil de sécurité tous les mois.

Paris, Londres et Washington ont accusé le régime syrien d'avoir mené les attaques au gaz de chlore tandis que Moscou affirme qu'il n'y pas de preuves formelles de la culpabilité de son allié syrien.

"Je tiens à assurer aux individus, groupes, entités ou gouvernements" qui ont joué un rôle dans l'utilisation d'armes chimiques en Syrie "qu'ils seront identifiés et devront rendre des comptes", a affirmé Mme Gamba.

Mais même si les experts parviennent à établir une liste exhaustive, il faudra une résolution du Conseil pour prendre des mesures. La Russie, qui dispose d'un droit de veto, pourra toujours bloquer le texte.

avz/elm