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22/02/2016 01:52 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Afghanistan: l'armée se retire de deux districts stratégiques du Sud

L'armée afghane s'est retirée de deux districts charnières du Helmand, un repli critiqué par des élus locaux et qui met en exergue les difficultés des soldats face aux rebelles talibans dans cette région méridionale productrice d'opium.

Le Helmand est l'un des berceaux de l'insurrection talibane, et les insurgés tentent d'en prendre le contrôle depuis la chute de leur régime en 2001. Or, depuis début 2015, armée et police afghanes ne peuvent plus compter sur l'appui des troupes de l'Otan sur le terrain, qui sont aujourd'hui cantonnées à la formation et au conseil.

Plusieurs centaines de soldats américains ont néanmoins été déployés dans le Helmand ces dernières semaines, pour conseiller leurs homologues afghans.

Afin de renforcer les unités embourbées dans de violents combats dans d'autres zones, l'état-major afghan a décidé à la fin de la semaine dernière de retirer ses troupes de trois bases situées dans les districts de Musa Qala et Nowzad, laissant de fait ces deux secteurs, gros producteurs de pavot, sans aucune troupe.

"Les forces de sécurité ne sont plus présentes à Musa Qala et Nowzad", a déclaré lundi à l'AFP Mirza Khan Rahimi, le gouverneur provincial. Il y voit toutefois un mouvement logique permettant de "réaffecter des soldats à d'autres théâtres", notamment dans le district de Sangin et autour de Lashkar Gah, chef-lieu du Helmand, tous deux âprement disputés.

"Aucun civil ne vit dans les zones desquelles nous nous sommes retirés", a renchéri Moeen Faqiri, chef du 215e corps d'armée, responsable des opérations dans le Helmand.

Mais des voix se sont élevées pour critiquer cette décision, dont celle d'Abdul Majid Akhundzada, vice-président du conseil provincial. Il estime que ce retrait équivaut à "sacrifier la mémoire des soldats et des civils morts dans les combats" à Musa Qala, conquis par les insurgés en août dernier avant d'être repris par l'armée afghane appuyée par des frappes aériennes de l'Otan.

Les années précédentes, les talibans observaient une trêve pendant l'hiver, mais la saison des combats lancée au printemps 2015 s'est au contraire intensifiée dans tout l'Afghanistan ces derniers mois.

En dépit de ce contexte, le gouvernement afghan et ses partenaires chinois, pakistanais et américains ont redoublé d'efforts pour tenter de relancer les pourparlers de paix directs avec les talibans, interrompus l'été dernier. Un quatrième round de discussions quadripartites doit avoir lieu mardi à Kaboul.

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