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22/02/2016 06:31 EST | Actualisé 22/02/2017 00:12 EST

Afghanistan: au moins 13 morts dans un attentat-suicide des talibans

Au moins 13 personnes, dont neuf civils, ont été tuées lundi dans un attentat-suicide revendiqué par les rebelles talibans contre la police afghane, dans une zone reculée à environ 60 km au nord-ouest de Kaboul, a-t-on appris auprès des autorités.

Ce nouvel attentat visait un chef de la police locale, qui a été blessé. Il intervient à la veille d'une nouvelle réunion quadripartite organisée à Kaboul pour tenter de raviver le processus de paix avec les talibans et mettre fin au conflit qui dure depuis plus de 14 ans.

L'attaque perpétrée en début d'après-midi près d'une clinique a fait "13 morts, 9 civils et 4 policiers, et 19 blessés, dont 17 civils", a déclaré à l'AFP Mohammed Zaman Mamozaï, chef de la police de la province de Parwan.

Wahid Sediqqi, le porte-parole du gouverneur provincial, a avancé de son côté un bilan de 14 morts, dont 6 policiers et 8 civils, et précisé que "le kamikaze était à moto".

Les talibans ont revendiqué l'attentat dans un message sur le compte Twitter de leur porte-parole habituel, Zabiullah Moudjahid.

L'attentat est survenu dans le district de Siagerd, une zone montagneuse reculée où les talibans sont fermement implantés, et visait un commandant de la police afghane locale (ALP), un organe des forces de sécurité mis en place par les Etats-Unis en 2010 pour appuyer la lutte contre les insurgés.

L'ALP, qui ressemble par certains aspects à un groupe d'auto-défense, a été par le passé accusée de violations des droits de l'homme par la population civile.

Honnie des talibans, l'ALP en est régulièrement la cible, tout comme la police et l'armée afghanes, ainsi que les troupes étrangères déployées dans le pays.

Les talibans ont encore accentué leur insurrection depuis la fin de la mission de combat de l'Otan à la fin 2014 et multiplient les attentats et les offensives sur le terrain militaire dans tout l'Afghanistan, et plus particulièrement dans le sud, l'un de leurs bastions.

Ainsi, dans le Helmand, haut lieu de la culture du pavot, les combats ont poussé l'état-major de l'armée afghane à retirer la totalité des troupes des districts de Musa Qala et Nowzad pour "réaffecter les soldats à d'autres théâtres", notamment dans le district de Sangin et autour de Lashkar Gah, chef-lieu du Helmand, tous deux âprement disputés, selon Mirza Khan Rahimi, le gouverneur provincial.

La décision a été critiquée par des responsables locaux, à l'image d'Abdul Majid Akhundzada, vice-président du conseil provincial. Il estime que le retrait de Nowzad et Musa Wala équivaut à "sacrifier la mémoire des soldats et des civils morts dans les combats" à Musa Qala, conquis par les insurgés en août dernier avant d'être repris par l'armée afghane.

En dépit de ce contexte de violences accrues, le gouvernement afghan et ses partenaires chinois, pakistanais et américains ont redoublé d'efforts pour tenter de relancer les pourparlers de paix directs avec les talibans. Un quatrième round de discussions quadripartites doit avoir lieu mardi à Kaboul.

Un premier dialogue direct entre les deux parties avaient été noué l'été dernier au Pakistan, mais une deuxième réunion avait été reportée sine die à l'annonce de la mort du mollah Omar, fondateur du mouvement taliban.

bur-gde/mr