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20/02/2016 22:53 EST | Actualisé 20/02/2017 00:12 EST

Violences de castes dans le Nord de l'Inde

De nouvelles violences ont éclaté dans un Etat du Nord de l'Inde, où les autorités indiennes ont déployé l'armée avec l'ordre de tirer à vue pour faire face à une crise meurtrière liée au système de castes.

Des milliers de soldats ont été dépêchés samedi dans l'Etat de Haryana, qui est voisin de New Delhi, au lendemain de violences survenues après une semaine de manifestations.

Les manifestants appartiennent à la caste relativement influente des Jat et exigent des quotas pour des emplois dans la fonction publique ainsi que des places dans les universités pour leurs enfants.

Dans un effort pour améliorer le quotidien des victimes des plus graves discriminations en cours dans le pays, l'Inde a mis en place des quotas pour les basses castes.

Mais cette politique déplaît aux autres communautés, qui estiment être laissées pour compte. Les Jat en particulier affirment avoir du mal à s'en sortir en dépit de la croissance économique forte que connaît le pays.

Dans la nuit de samedi à dimanche, émeutiers, qui avaient incendié des maisons ou des gares et bloqué des autoroutes, sont de nouveau descendus dans la rue.

Ils ont mis le feu à des commerces de Rohtak, localité qui se trouve à l'épicentre des violences, a déclaré un porte-parole de la police locale à l'AFP.

"Il y a eu des affrontements durant la nuit. Plus de dix bâtiments ont été incendiés, des commerces et des distributeurs de billets ont été pillés en deux endroits", a-t-il ajouté.

La situation est également tendue dans la ville voisine de Jhajjar. "Nous ne contrôlons pas la situation, qui est très tendue, avec des milliers de manifestants qui encerclent le principal quartier administratif", a déclaré à l'AFP le chef de la police de cette ville, Rajiv Kumar.

Au moins cinq personnes ont été tuées samedi, selon la police locale. Les médias locaux ont parlé d'un bilan de huit morts depuis vendredi.

"Cinq personnes ont été tuées samedi, lorsque l'armée a ouvert le feu sur une foule qui tentait d'attaquer un bâtiment officiel. Quatre blessés sont dans un état critique", a dit un officier de police sous couvert de l'anonymat.

Les violences perturbent le ravitaillement en eau de New Delhi. Des groupes de manifestants ont provoqué la fermeture des vannes d'un canal de Haryana qui apporte l'eau aux centrales de traitement des eaux de la capitale indienne.

Le chef de l'exécutif de New Delhi, Arvind Kejriwal a annoncé un programme de rationnement de l'eau dans la capitale, ajoutant que les écoles resteraient fermées lundi pour économiser les réserves.

"L'eau doit être rationnée de manière équitable entre tous. Ecoles fermées demain", a-t-il déclaré sur Twitter.

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