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21/02/2016 04:39 EST | Actualisé 21/02/2017 00:12 EST

Niger: Issoufou brigue un deuxième mandat lors d'une présidentielle tendue

Les électeurs nigériens votaient dimanche pour élire leur président, le chef d'Etat sortant Mahamadou Issoufou briguant un deuxième quinquennat face à une opposition qui agite le spectre de la fraude après une campagne tendue.

"Il n'y aura qu'un seul vainqueur, ce sera le Niger", a dit M. Issoufou après avoir voté à l'Hôtel de ville de Niamey, le pouce gauche taché d'encre indélébile.

"Le Niger a besoin d'institutions démocratiques fortes et stables. J'espère que le scrutin va permettre de renforcer ces institutions", a-t-il conclu.

Quelque 7,5 millions de Nigériens sont appelés à choisir entre quinze candidats pour présider le pays de 18 millions d'habitants parmi les pauvres de la planète et sous la menace des groupes jihadistes sahéliens et des islamistes nigérians de Boko Haram. Le scrutin est couplé à des législatives.

Les résultats doivent être annoncés dans les cinq jours suivant le scrutin, mais pourraient être proclamés "mardi pu mercredi" selon une source au ministère de l'Intérieur.

De nombreux bureaux de vote ont ouvert avec du retard, a constaté l'AFP.

"Nous avons beaucoup d'inquiétudes pour le vote à Niamey et dans beaucoup de localités", a commenté à la radio Tenéré l'ancien Premier ministre Seïni Oumarou, un des favoris.

Interrogé par l'AFP, le président de la commission électorale Ibrahim Boubé a reconnu des "retards" notamment en raison de "problèmes de véhicules" mais martelé que, "dans tous les cas, tous les électeurs qui se présenteront vont voter".

Au CEG de Dar Es Salam, quartier pauvre du nord de Niamey, des longues queues se sont formées.

"Je vais voter dans trois ou quatre heures. C'est un devoir", affirme Ousseini Dramane, électricien. "Je souhaite que ces élections soient libres et transparentes et qu'elles se passent dans la paix"

"Il y a longtemps qu'on n'a pas vu un engouement comme ca. Ca nous rappelle les premiers moments de la démocratie", commente un autre électeur.

A l'intérieur, les assesseurs ont parfois posé des cailloux sur les bulletins pour éviter qu'ils ne s'envolent avec le vent qui traverse les parois de fibre végétale, le "seko".

Certains bureaux du quartier ont ouvert jusqu'à trois heures après l'heure prévue. Il manquait des bulletins ou de l'encre. Un bureau ne dispose même pas de sa liste et fait voter en notant les noms sur la base des cartes d'électeur.

Des forces de sécurité sont présentes dans chaque bureau de Niamey visité pour parer à toute attaque jihadiste.

"Il n'y a pas de risque zéro mais nous nous organisons pour tenir le pari de la sécurité le jour du vote", assure le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou

- 'Un coup KO' -

Le président Issoufou, surnommé le "lion", a prédit une victoire par "un coup KO" dès le premier tour face à une opposition divisée mais qui a promis de s'unir au second tour.

Elle accuse le président de préparer un "hold-up" et la crainte de troubles post-électoraux a commencé à gagner les esprits.

Elu en 2011, M. Issoufou, 63 ans, affronte trois adversaires principaux: deux anciens Premiers ministres, Seïni Oumarou et Hama Amadou, ainsi que Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu (1993-1996).

M. Amadou est incarcéré depuis novembre, accusé de trafic d'enfants dans un dossier de "droit commun" selon le pouvoir mais "politique" selon le candidat qui espère aller "de la prison à la présidence".

"Si Issoufou gagne au premier tour, c'est qu'il a triché. Dans ce cas, on va grèver (faire la grève) et il y aura bagarre", proclame sous couvert de l'anonymat un de ses militants.

La campagne a été marquée par des échauffourées entre partisans du président et opposants. Elle a été précédée de l'arrestation de personnalités et de l'annonce d'un putsch raté par le pouvoir. Le fichier électoral est contesté.

La lutte contre la misère est compliquée par les effets du réchauffement climatique et une démographie galopante due au plus fort taux de fécondité de la planète.

En 2016, deux millions de personnes auront besoin d'une assistance alimentaire, selon l'ONU.

Le pays est aussi gangréné par la corruption. "On nie, on gère (magouille), c'est le Niger", résume un étudiant.

Le président Issoufou espère capitaliser sur son bilan et poursuivre son programme "Renaissance".

"J'ai tenu toutes mes promesses", assure-t-il, affirmant avoir construit routes, échangeurs, ponts et un chemin de fer attendu "depuis 60 ans". Il dit avoir "créé des milliers d'emplois".

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