NOUVELLES
21/02/2016 02:18 EST | Actualisé 21/02/2017 00:12 EST

Israël: Netanyahu soutient le chef d'état-major contre l'usage excessif de la force

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a apporté dimanche son soutien au chef d'état-major, le général Gadi Eisenkot, au coeur d'une polémique depuis qu'il a appelé ses hommes à ne pas avoir la gâchette trop facile face aux auteurs d'attaques contre des Israéliens.

Ces prises de position au plus haut niveau de l'appareil sécuritaire et politique israélien interviennent alors que les violences entre Palestiniens et Israéliens ont fait depuis près de cinq mois 176 morts palestiniens et 27 israéliens.

La plupart des Palestiniens abattus l'ont été par des policiers et soldats israéliens alors qu'ils menaient ou tentaient de mener des attaques. De nombreuses voix ont dénoncé un recours excessif à la force face à des assaillants, parfois armés de couteaux de cuisine et pour beaucoup adolescents.

"Le chef d'état-major n'a fait qu'exprimer une évidence", a affirmé lors du conseil des ministres M. Netanyahu. "Tout ce qui a été dit par la suite relève de l'incompréhension ou des calculs politiques; il faut mettre tout cela de côté", a-t-il poursuivi, selon des propos diffusés par la radio publique.

Certains membres du gouvernement, tel Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité intérieure dont dépend la police, ont vivement dénoncé les propos du général Eisenkot.

Le chef d'état-major avait déclaré: "Lorsqu'une fille de 13 ans tient des ciseaux ou un couteau et qu'il y a une distance entre elle et les soldats, je ne veux pas voir un soldat ouvrir le feu et vider son chargeur sur elle, même si elle commet un acte très grave".

Il faisait ainsi référence à la mort fin novembre d'une écolière palestinienne qui avait, avec une autre adolescente, blessé deux personnes avec des ciseaux. Des images de vidéosurveillance de l'attaque ont agité réseaux sociaux et médias, tant palestiniens qu'israéliens, car on y voit deux hommes armés tirer à bout portant et à de nombreuses reprises sur les adolescentes, inertes et à terre.

Selon la sécurité israélienne, 10% des auteurs palestiniens d'attaques avaient moins de 16 ans et 37% entre 16 et 20 ans.

En décembre, la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström avait appelé Israël à éviter les "exécutions extrajudiciaires" de Palestiniens, exigeant ensuite des enquêtes "approfondies".

jlr/sbh/cmk/feb