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21/02/2016 11:17 EST | Actualisé 21/02/2017 00:12 EST

Egypte: un policier qui a provoqué un tollé en tuant un chauffeur sera jugé

Un policier qui avait tué un chauffeur pour une dispute sur le prix d'une course, et provoqué un tollé en Egypte où la police est accusée de multiplier les violences en toute impunité, sera jugé pour meurtre avec préméditation, a annoncé dimanche le parquet.

Jeudi soir, Moustafa Mahmoud avait tué avec son arme de service Mohamed Ali Dayed Ismaïl, 26 ans, qui lui livrait de la marchandise dans le centre du Caire.

Après une manifestation et une virulente campagne sur les réseaux sociaux dénonçant les violences policières, le président Abdel Fattah al-Sissi, accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme de diriger un régime très répressif, avait promis vendredi de faire amender la loi pour durcir les sanctions contre les policiers auteurs d'abus.

Moustafa Mahmoud a été inculpé de "meurtre avec préméditation" et "d'usage illégal de son arme de service" et sera déféré devant un tribunal, a annoncé à l'AFP un haut responsable du parquet, qui a requis l'anonymat. Une information confirmée par les médias gouvernementaux.

Sept policiers, collègues de M. Mahmoud, ont été arrêtés samedi dans la soirée alors qu'ils se rendaient sur le plateau d'une télévision privée pour parler des nombreuses accusations auxquelles la police fait face, a indiqué un autre responsable du parquet.

Le parquet a décidé de les placer 15 jours en détention provisoire pour les besoins de l'enquête, les accusant notamment d'avoir rejoint "un groupe illégal", a ajouté ce responsable pour qui le passage de ces hommes à la télévision "aurait davantage remonté l'opinion publique contre la police".

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme accusent régulièrement les services de sécurité égyptiens d'avoir recours à la torture, aux "disparitions forcées" et aux passages à tabac parfois mortels.

Ces abus avaient été l'un des principaux facteurs déclenchant la révolte populaire qui mit fin au régime de Hosni Moubarak début 2011, mais ces pratiques sont redevenues monnaie courante sous M. Sissi.

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