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20/02/2016 23:58 EST | Actualisé 20/02/2017 00:12 EST

Bombardement contre les kurdes syriens: la Turquie agit en "légitime défense" (Erdogan)

La Turquie agit en "légitime défense" contre la milice kurde syrienne qu'elle accuse d'être à l'origine de l'attentat meurtrier d'Ankara et se réserve le droit de mener "toutes sortes d'opérations" militaires, a déclaré samedi soir son président Recep Tayyip Erdogan.

"Nous sommes en situation de légitime défense. Personne ne peut limiter ou empêcher le droit à la légitime défense de la Turquie face à des attaques terroristes", a dit le chef de l'Etat turc lors d'un discours prononcé à Istanbul, rapporté par l'agence de presse Dogan.

M. Erdogan faisait référence à l'attentat à la voiture piégé survenu jeudi soir dans le coeur de la capitale turque contre des véhicules militaires, qui a tué 28 personnes et blessé 61 autres.

Les dirigeants turcs ont attribué cette attaque aux combattants kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), avec le soutien des rebelles kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Pour combattre les menaces auxquelles elle se trouve confrontée, en Syrie et dans tout autre endroit où les organisations terroristes sont implantées, la Turquie se réserve le droit de mener toutes sortes d'opérations" militaires, a lancé M. Erdogan.

L'homme fort de Turquie a en outre critiqué les Etats-Unis, sans les citer nommément, pour kleur "manque de sincérité" vis-à-vis des inquiétudes de leur allié turc au sujet des agissements des milices kurdes de Syrie.

Le président Barack Obama s'était entretenu par téléphone vendredi avec M. Erdogan, appelant Ankara et les milices kurdes des YPG à "faire preuve de retenue" dans le nord de la Syrie.

Le soutien américain aux YPG, bras armé du PYD (Parti de l'union démocratique), en première ligne dans le combat contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, suscite de vives tensions entre Turquie et Etats-Unis. Ankara considère le PYD et les YPG comme des groupes "terroristes", car liés au PKK qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur son sol.

L'artillerie turque bombarde depuis plus d'une semaine les positions du YPG aux alentours d'Azaz (nord) et ses environs, proche de sa frontière.

Par ailleurs, 21 suspect interpellés dans le cadre de l'enquête sur l'attentat d'Ankara ont été déférés dimanche devant un tribunal de la mégapole, a indiqué l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

Les juges peuvent en fonction des preuves les libérer ou les inculper.

BA/at