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21/02/2016 07:23 EST | Actualisé 21/02/2017 00:12 EST

Allemagne: indignation après un incendie dans un futur foyer de réfugiés

Un incendie s'est déclaré dans la nuit de samedi à dimanche dans un futur foyer de réfugiés près de Dresde (est de l'Allemagne), provoquant la "joie non dissimulée" de badauds présents sur place, quelques jours après un incident dans ce même secteur, selon la police.

Ce nouvel incident en Saxe, région d'ex-RDA communiste où les attaques contre les foyers de réfugiés se sont multipliées l'an passé, a suscité l'indignation de plusieurs membres du gouvernement de coalition qui ont dénoncé des actes "répugnants" et "inacceptables".

Le sinistre s'est déclaré dans un futur foyer de réfugiés à Bautzen, à l'est de Dresde. Le sinistre, vraisemblablement d'origine criminelle, n'a fait aucun blessé, selon la police.

Des badauds, présents devant le bâtiment en flammes, ont salué l'incendie avec "une joie non dissimulée". Certains étaient alcoolisés, d'autres ont lancé des "propos dédaigneux", a indiqué un porte-parole de la police à l'AFP.

Trois personnes ont tenté de gêner l'intervention des pompiers et deux jeunes d'une vingtaine d'années, sous l'emprise de l'alcool, ont été brièvement interpellés pour s'être opposés aux forces de l'ordre qui tentaient de les évacuer des lieux, selon la même source.

"Il est totalement inacceptable que de gens venus chercher une protection contre les persécutions soient accueillis par la haine", s'est indigné le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

"Ceux qui applaudissent pendant que des maisons brûlent, ceux qui effraient les réfugiés se comportent de façon atroce et répugnante", a condamné le ministre de la Justice, Heiko Maas, sur Twitter.

"Les racistes (...) sont une honte pour notre pays. Honte à vous!", a twitté Michael Roth, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

L'incendie de Bautzen survient après les incidents de Clausnitz, au sud de Dresde, jeudi soir, lors de l'arrivée d'un bus conduisant une vingtaine de demandeurs d'asile dans leur nouveau foyer.

Des vidéos de ces incidents, largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent notamment un policier saisir un adolescent par le cou pour le sortir sans ménagement du bus, sous les cris d'une centaine de manifestants hurlant "rentrez à la maison!" ou "dehors!".

Les manifestants, qui avaient auparavant tenté de bloquer le bus, scandaient "Wir sind das Volk!" ("Nous sommes le peuple!"), slogan des manifestations contre les communistes en ex-RDA, mais détourné depuis par le mouvement anti-réfugiés Pegida, né à Dresde.

Chargée des questions d'intégration au gouvernement, Aydan Özoguz a quant à elle estimé que "quelque chose ne va pas en Saxe".

Evoquant l'attitude des forces de l'ordre, déjà critiquée samedi par les partis d'opposition des Verts et de la gauche radicale Die Linke, Mme Özoguz a jugé "profondément choquant" que les forces de l'ordre "ne protègent pas les réfugiés".

Samedi, le chef de la police locale a défendu l'intervention de ses hommes, arguant que des réfugiés avaient adressé des gestes obscènes aux manifestants.

Environ un millier d'attaques contre des foyers de réfugiés ont été enregistrées en 2015 en Allemagne, dont beaucoup en Saxe, alors que le pays a accueilli l'an passé 1,1 million de candidats à l'asile.

bur-dsa/we