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18/02/2016 09:34 EST | Actualisé 18/02/2016 09:34 EST

L'attentat d'Ankara aurait été perpétré par un Syrien

ANKARA, Turquie — L'attentat suicide qui a fait au moins 28 morts et 61 blessés mercredi à Ankara, en Turquie, a été perpétré par un Syrien associé à une milice syrienne kurde, a affirmé jeudi le premier ministre du pays.

Ahmet Davutoglu a expliqué aux journalistes, lors d'une visite au quartier général de l'armée, que le suspect — Sahih Neccar — a profité de la collaboration d'un groupe rebelle kurde en Turquie. Il a ensuite promis de riposter à ces deux organisations.

Quatorze personnes ont jusqu'à présent été arrêtées en lien avec cet attentat à la voiture piégée et d'autres sont traquées. L'armée turque, de son côté, rapporte que ses avions ont pilonné des objectifs rebelles kurdes dans le nord de l'Irak quelques heures après l'attentat, frappant un groupe de 60 ou 70 combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

M. Davutoglu affirme que l'attentat a été perpétré par le PKK conjointement avec un membre des Unités de protection du peuple (YPG) arrivé depuis la Syrie. Les États-Unis dépendent lourdement des YPG pour lutter contre le groupe armé État islamique en Syrie, mais considèrent que le PKK est une organisation terroriste.

L'attentat n'a pas encore été revendiqué. Les victimes sont des militaires et des civils.

Un dirigeant du PKK, Salih Muslim, nie l'implication de son organisation et a mis la Turquie en garde contre toute offensive terrestre en Syrie.

Les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ont été rencontrés individuellement au ministère turc des Affaires étrangères, en lien avec cet attentat. Les ambassadeurs de l'Allemagne et des Pays-Bas ont aussi été rencontrés, tout comme le chef de la délégation de l'Union européenne.

L'explosion est survenue durant l'heure de pointe du soir au cœur d'Ankara, dans un secteur près du parlement et des bureaux des forces armées.

Les attaques perpétrées mercredi surviennent dans un climat tendu pour le gouvernement turc. Un fragile processus de paix avec les rebelles kurdes s'est effondré cet été, et une reprise des combats a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de civils.

La Turquie a aussi contribué aux efforts dirigés par les États-Unis pour combattre le groupe État islamique en Syrie, pays voisin, et a subi dans la dernière année plusieurs explosions meurtrières ayant été attribuées à l'ÉI.

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